À la clôture de la Semaine de la science et des technologies à Kinshasa, le débat sur l’avenir économique de la RDC s’est cristallisé autour d’un enjeu clé : la transformation locale des minerais. Intervenant aux côtés de plusieurs membres du gouvernement, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a plaidé pour une meilleure valorisation des compétences nationales et un rapprochement entre formation et industrie. Pour lui, le développement du pays passe par la capacité à convertir ses ressources en richesse durable, dans un cadre de gouvernance renforcée et d’investissement accru.
La clôture de la Semaine de la science et des technologies, organisée à Kinshasa, a offert une tribune stratégique aux membres du gouvernement pour esquisser les contours de l’avenir économique de la République démocratique du Congo. Au centre des échanges : la transformation locale des minerais, érigée en levier prioritaire de développement par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba.
Invité comme paneliste aux côtés du vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, de la ministre d’État à l’Éducation nationale, Raïssa Malu, et de la ministre des Affaires sociales, Ève Bazaiba, le ministre est intervenu sur le thème : « Transformer nos minerais : le geste technique qui manque à l’économie congolaise ». Une formule qui résume, à elle seule, l’enjeu central de son intervention : combler le déficit de transformation industrielle pour maximiser la valeur ajoutée des ressources naturelles du pays.
D’entrée de jeu, Louis Watum Kabamba a salué l’initiative de cette semaine dédiée à la science et à la technologie, qu’il considère comme un vecteur essentiel de promotion des compétences nationales. À ce titre, il a mis en avant la performance récente des géologues congolais, classés deuxièmes lors d’un concours international à Toronto. « Cette performance démontre que la RDC dispose d’un capital humain de qualité », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de capitaliser sur ce potentiel.
Mais au-delà du constat, le ministre des Mines a dressé un diagnostic lucide des insuffisances structurelles. Il a insisté sur le décalage persistant entre la formation académique et les besoins concrets de l’industrie minière. « Il est impératif d’aligner les cursus universitaires aux exigences du marché », a-t-il déclaré, appelant à une réforme orientée vers la professionnalisation et l’efficacité économique. L’objectif affiché est clair : former une main-d’œuvre qualifiée, capable de porter la transformation locale des minerais.
Dans un message appuyé à la jeunesse congolaise, Louis Watum Kabamba a exhorté les jeunes à s’inscrire dans une dynamique de création de richesse. « La jeunesse doit s’engager dans la transformation de nos ressources et attirer les investissements », a-t-il affirmé, soulignant que l’avenir économique du pays dépendra en grande partie de cette capacité à innover et à entreprendre dans le secteur minier.
Parallèlement, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer la gouvernance dans ce secteur stratégique. Transparence, traçabilité et amélioration de l’impact social des revenus miniers figurent parmi les priorités mises en avant. Cette orientation s’inscrit dans la vision portée par le président Félix Tshisekedi et mise en œuvre sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, visant à faire du secteur minier un moteur inclusif de croissance.
Pour Louis Watum Kabamba, la transformation du potentiel minier en richesse nationale ne relève plus d’un choix, mais d’une nécessité. Elle repose, selon lui, sur une équation simple : valoriser les compétences locales, investir dans la transformation industrielle et consolider la gouvernance. À ces conditions, la RDC pourrait durablement repositionner son économie sur la chaîne de valeur mondiale et réduire sa dépendance aux exportations de matières brutes.
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