Mettre le commerce extérieur au service de la production nationale : tel est le message porté par le ministre Julien Paluku devant les étudiants de l’Université catholique du Congo. Invité à une matinée scientifique consacrée aux enjeux du commerce international, il a défendu une stratégie axée sur l’agro-industrie, la conquête des marchés extérieurs et le respect des normes internationales. Dans un amphithéâtre comble, le ministre a également évoqué les défis structurels à surmonter pour rendre les produits congolais compétitifs, tout en rassurant sur les politiques en cours dans le cadre de la ZLECAf.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a pris la parole mardi 21 avril 2026 devant les étudiants et le corps académique de la Faculté d’économie et développement de l’Université catholique du Congo (UCC), à Kinshasa. Invité dans le cadre d’une matinée scientifique consacrée au commerce international, il a développé le thème : « Comment le commerce extérieur peut-il stimuler la capacité productive en RDC : analyse des politiques et des défis structurels ».
Dans un amphithéâtre de Limete rempli, l’échange a permis d’aborder les enjeux liés à la transformation de l’économie congolaise à travers le commerce extérieur, présenté comme un levier majeur de croissance. Le ministre a d’emblée insisté sur la nécessité de repenser les bases productives du pays. « Pour booster le commerce extérieur, la RDC doit appuyer son économie sur l’agro-industrie avec ses 80 millions d’hectares de terres arables, et non uniquement sur les mines qui sont épuisables », a-t-il déclaré.
Cette orientation stratégique vise à diversifier les sources de richesse et à accroître le volume des exportations. Julien Paluku a rappelé que le gouvernement s’emploie à conquérir de nouveaux marchés internationaux. « Nous avons conquis plusieurs marchés, notamment chinois, britannique, émirati et américain avec l’AGOA, sur lesquels les produits “Made in DRC” sont exemptés des droits de douane », a-t-il précisé.
Au-delà de l’accès aux marchés, la question de la compétitivité a occupé une place centrale dans les échanges avec les étudiants. Le ministre a souligné que la qualité des produits constitue un facteur déterminant pour leur positionnement à l’international. « La compétitivité des produits congolais passe par le respect des normes internationales », a-t-il affirmé, évoquant les efforts du gouvernement pour former producteurs et exportateurs aux exigences sanitaires et phytosanitaires.
Ces initiatives sont menées en collaboration avec des partenaires techniques et visent à renforcer les capacités locales, condition essentielle pour répondre aux standards du commerce mondial. Pour Julien Paluku, il s’agit d’un passage obligé pour valoriser les productions nationales et éviter leur marginalisation sur les marchés internationaux.
Interrogé sur l’intégration de la RDC dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le ministre s’est voulu rassurant. Il a indiqué que le pays met en place des politiques publiques sectorielles visant à accroître la capacité productive et à promouvoir la transformation locale. L’objectif est d’éviter que la RDC ne devienne un simple marché de consommation. « Nous ne voulons pas être un dépotoir, mais un acteur productif capable de transformer ses ressources », a-t-il insisté.
Au fil des discussions, les étudiants ont exprimé leurs préoccupations sur les défis structurels auxquels fait face l’économie congolaise, notamment en matière d’infrastructures, de financement et de gouvernance. Autant de questions auxquelles le ministre a tenté d’apporter des éléments de réponse, en mettant en avant les réformes en cours.
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