La desserte en produits pétroliers dans le Grand Équateur pourrait connaître un tournant avec la relance annoncée des sites de Businga et d’Akula, à l’arrêt depuis plus de vingt ans. Portée par le ministère des Hydrocarbures, cette initiative vise à renforcer les capacités de stockage et à améliorer l’approvisionnement des zones enclavées. Soutenu par les opérateurs du secteur, le projet suscite toutefois des interrogations liées à l’état des infrastructures routières et au précédent d’engagements non aboutis, posant la question de sa mise en œuvre effective.
Le gouvernement congolais entend redynamiser le secteur des hydrocarbures dans le Grand Équateur à travers la relance des sites pétroliers de Businga, dans la province du Nord-Ubangi, et d’Akula, dans le Sud-Ubangi. L’annonce a été faite mardi 21 avril à Kinshasa par la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, à l’issue d’un échange stratégique avec les responsables de sociétés pétrolières opérant en République démocratique du Congo.
Cette initiative vise à renforcer les capacités nationales de stockage de produits pétroliers dans une région marquée par des difficultés récurrentes d’approvisionnement. Les deux sites concernés, inactifs depuis plus de deux décennies, devraient être remis en service dans le cadre d’un programme de modernisation des infrastructures énergétiques. « Le gouvernement est déterminé à moderniser les infrastructures pétrolières nationales », a affirmé la ministre, réitérant la volonté des autorités de combler les déficits logistiques observés dans plusieurs provinces.
La rencontre a réuni notamment les dirigeants de SEP Congo et de COBIL, deux acteurs majeurs du secteur spécialisés dans l’importation, le stockage et la distribution des hydrocarbures. Pour ces opérateurs, la réhabilitation des dépôts de Businga et d’Akula constitue un levier stratégique pour améliorer la chaîne d’approvisionnement en carburant dans l’intérieur du pays.
Le directeur général de SEP Congo, Malick Ndiaye, a salué l’engagement du gouvernement, estimant qu’il est « essentiel pour restaurer les capacités logistiques dans cette partie du pays ». De son côté, le directeur général adjoint de COBIL, Olivier Okunda, a souligné que cette initiative permettra « à l’ensemble des sociétés pétrolières de mieux acheminer les produits vers l’intérieur du pays », où le déficit d’approvisionnement reste un frein au développement économique.
En effet, le manque de desserte en produits pétroliers constitue un obstacle majeur pour de nombreuses activités économiques dans le Grand Équateur. L’accès limité au carburant affecte aussi bien le transport que les secteurs productifs, accentuant l’isolement de certaines zones. La relance de ces infrastructures est ainsi perçue comme un outil de désenclavement et de dynamisation des économies locales.
Toutefois, l’annonce suscite également des réserves parmi les opérateurs économiques locaux. Plusieurs rappellent qu’un projet similaire de réhabilitation du site de Businga, annoncé en 2019, n’avait jamais abouti. Ce précédent alimente un certain scepticisme quant à la concrétisation effective des engagements actuels.
Par ailleurs, la question de l’accessibilité demeure centrale. Les routes desservant ces zones sont largement dégradées, compliquant le transport des équipements et des produits pétroliers. Des commerçants du Nord-Ubangi soulignent que « l’état délabré des routes reste le principal obstacle » à toute relance durable des activités économiques dans la région.
À cela s’ajoute l’état actuel des infrastructures. Le dépôt de Businga est aujourd’hui décrit comme une « friche industrielle », conséquence de plusieurs années d’abandon. Sa réhabilitation nécessitera des investissements importants, tant pour la remise à niveau des installations que pour leur sécurisation.
Dans ce contexte, le succès du projet dépendra de la capacité des autorités à lever ces contraintes structurelles.
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