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24 avril, 2026 - 16:14:52
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Sud-Kivu : début timide du rapatriement des réfugiés congolais depuis le Burundi

À la frontière de Kavimvira, les premiers signes d’un retour progressif des réfugiés congolais apparaissent, malgré une situation encore fragile. Sur plus de 66 000 Congolais installés dans le site de Ruhigi, seuls 470 ont choisi de rentrer, encouragés par une amélioration relative de la sécurité dans certaines zones du Sud-Kivu. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés insiste sur un principe clé : un retour volontaire, sécurisé et durable. Entre espoir prudent et vigilance, cette opération marque une étape symbolique dans la gestion de la crise humanitaire.

Le processus de retour des réfugiés congolais amorce une phase encore hésitante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Vendredi, à la frontière de Kavimvira, dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, une première opération de rapatriement volontaire a été organisée sous l’égide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en présence des autorités locales et des partenaires humanitaires.

À cette occasion, la représentante du HCR au Burundi, Brigitte Mukanga-Eno, a dressé un état des lieux de la situation des réfugiés congolais ayant trouvé refuge dans ce pays voisin. Elle a indiqué que le site de Ruhigi accueille actuellement plus de 66 000 Congolais ayant fui les violences dans l’Est de la RDC.

Malgré cette population importante, seuls 470 réfugiés ont pris la décision de regagner leurs zones d’origine. Un chiffre qui illustre à la fois la prudence des déplacés et la persistance des incertitudes sécuritaires dans plusieurs localités du Sud-Kivu.

« Pour le HCR, le rapatriement se fera uniquement dans les zones sécurisées parce qu’il doit être durable. Tous les réfugiés qui rentrent doivent pouvoir rentrer chez eux en toute quiétude pour reprendre leurs activités », a déclaré Brigitte Mukanga-Eno lors de la cérémonie organisée au poste frontalier.

Cette position traduit la doctrine constante du HCR : privilégier un retour volontaire, sûr et digne, plutôt qu’un rapatriement précipité susceptible d’exposer les populations à de nouveaux risques. Le caractère limité de ce premier convoi s’inscrit ainsi dans une logique d’évaluation progressive des conditions de sécurité sur le terrain.

Selon les acteurs humanitaires, l’amélioration relative de la situation dans certaines zones du Sud-Kivu a contribué à encourager ces premiers retours. Toutefois, cette évolution reste localisée et ne permet pas encore un mouvement massif de rapatriement.

Sur place, les opérations se déroulent dans un dispositif encadré, visant à garantir l’accueil et la réintégration des personnes retournées. Les autorités congolaises, en collaboration avec les organisations internationales, entendent accompagner ce processus, notamment à travers la fourniture d’une assistance de base et le suivi des conditions de sécurité.

Le site de Ruhigi, au Burundi, demeure pour l’heure un point de regroupement majeur pour les réfugiés congolais. La majorité d’entre eux continue d’y séjourner, dans l’attente de conditions jugées suffisamment stables pour envisager un retour.

Ce décalage entre le nombre de réfugiés et celui des retours effectifs souligne les défis persistants liés à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Il met également en évidence la nécessité d’une stabilisation durable pour permettre un rapatriement à plus grande échelle.

Au-delà de l’aspect logistique, la question du retour des réfugiés s’inscrit dans une problématique plus large de reconstruction des zones affectées par les conflits. L’accès aux services de base, la relance des activités économiques et la restauration de la confiance des populations constituent autant de conditions essentielles à la réussite de ce processus.

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