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Kinshasa
11 octobre, 2026 - 19:33:11
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Sous-traitance en RDC : la régulation accélère, les PME congolaises gagnent du terrain

La transformation est nette, les chiffres parlent. En République démocratique du Congo, la sous-traitance s’impose progressivement comme un levier structurant de création de richesse et d’emplois. Portée par une volonté politique affichée et une régulation renforcée, elle passe d’un secteur marginal à un moteur économique en construction. En trois ans, son volume d’affaires a été multiplié, révélant l’ampleur d’un potentiel longtemps sous-exploité. Mais derrière ces avancées, les défis restent réels : respect des règles, assainissement du marché, équilibre entre attractivité des investissements et promotion des opérateurs locaux. Lors d’un briefing spécial presse, le directeur général l’Autorité de régulation de la sous-traitance (ARSP), Miguel Kashal, a, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, dressé un état des lieux précis, entre résultats tangibles, mesures correctives et perspectives. Au cœur de cette dynamique : une ambition assumée, celle de structurer une classe moyenne congolaise à partir de l’économie réelle.

La République démocratique du Congo reconfigure progressivement son modèle économique à travers la régulation de la sous-traitance. Lundi, à Kinshasa, le Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a présenté, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, un état des lieux détaillé d’un secteur désormais placé au cœur de la stratégie de développement national.

Dès l’entame, le ton est donné : la sous-traitance n’est plus un segment périphérique, mais un outil central de création de valeur. « Nous sommes dans une politique de redevabilité, étant donné que la sous-traitance tient à cœur le chef de l’État afin de développer la chaîne de valeurs, avec pour conséquence la création massive d’emplois », a déclaré Miguel Kashal. L’objectif est clair : contribuer à la promesse présidentielle de plus de six millions d’emplois.

Une progression rapide, malgré un contexte contraint

Les chiffres illustrent une mutation rapide. En 2022, le volume d’affaires de la sous-traitance ne dépassait pas 300 millions de dollars. Une situation jugée « inacceptable » au regard du poids du secteur minier dans l’économie nationale.

En l’espace d’un an, la tendance s’est inversée. « En 2023, nous sommes passés à plus de 2 milliards de dollars, ce qui démontre l’impact de la vulgarisation menée auprès des parties prenantes », a expliqué le DG de l’ARSP. La dynamique s’est confirmée en 2024, avec un niveau supérieur à 2,4 milliards de dollars.

L’année 2025 marque toutefois un recul, avec un volume estimé à plus de 1,7 milliard de dollars. Une baisse que les autorités attribuent au contexte sécuritaire. « Cette diminution est notamment liée à la guerre d’agression », a précisé Miguel Kashal, soulignant néanmoins la résilience globale du secteur.

Autre indicateur clé : la répartition du marché. La règle des 51 % pour les Congolais contre 49 % pour les expatriés commence à produire ses effets. Elle vise à garantir une participation majoritaire nationale dans les activités de sous-traitance, condition essentielle à l’émergence d’un tissu entrepreneurial local.

Assainir le secteur pour protéger la chaîne de valeur

Au-delà des performances, l’ARSP insiste sur la nécessité de mettre fin aux pratiques déviantes. Plusieurs contrôles ont révélé des irrégularités, notamment la présence d’entreprises ne respectant pas les critères d’éligibilité.

« La loi est claire : la sous-traitance est réservée aux sociétés à capitaux majoritairement congolais. Si cette règle n’est pas respectée, l’entreprise n’est pas éligible », a rappelé le DG de l’ARSP. Dans certaines provinces, comme le Kongo Central, des structures opéraient sans participation congolaise effective, en violation directe de la réglementation.

Dans cette logique d’assainissement, des mesures fortes ont été prises. Pas moins de 408 opérateurs cimentiers ont été radiés pour non-conformité.