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1 mai, 2026 - 14:56:24
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Travail décent en RDC : Judith Suminwa met l’emploi et le pouvoir d’achat au cœur de l’action gouvernementale

Au-delà de la commémoration, la Journée internationale du Travail sert de révélateur des choix politiques en matière sociale. En République démocratique du Congo, le gouvernement dirigé par Judith Suminwa revendique une stratégie centrée sur l’emploi, la formation et l’amélioration du pouvoir d’achat. Révision du SMIG, création d’emplois, encadrement du marché du travail et réforme des retraites : l’exécutif met en avant des résultats qu’il présente comme structurants. L’objectif affiché est clair : faire du travail décent un levier de dignité et de cohésion sociale, dans un contexte encore marqué par de fortes attentes économiques.

À l’occasion de la Journée internationale du Travail célébrée ce 1er mai, la République démocratique du Congo met en avant une ambition affichée : faire du travail décent un vecteur de dignité et de transformation sociale. Dans un contexte de réformes engagées, le gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka inscrit l’emploi et le pouvoir d’achat au centre de son action.

Cette orientation, intégrée au Programme d’actions du gouvernement 2024-2028, repose sur une vision claire : placer l’Homme au cœur du développement. « Le travailleur est à la fois la principale ressource, le moteur du développement et le bénéficiaire du progrès économique », souligne l’exécutif, en cohérence avec les engagements du président Félix Tshisekedi.

Longtemps fragilisé par des dysfonctionnements structurels — inadéquation entre formation et emploi, faiblesse des statistiques, contraintes sur l’environnement des affaires — le secteur de l’emploi fait l’objet d’une série de réformes. Le gouvernement met en avant une stratégie articulée autour de plusieurs axes : renforcement de la formation professionnelle, promotion de l’entrepreneuriat, amélioration de l’adéquation entre compétences et marché du travail, et développement des métiers verts.

Selon les données du ministère de l’Emploi et du Travail, plus de 1,8 million d’emplois ont été créés entre 2022 et 2024. Un chiffre présenté comme le signe d’un basculement vers « une ère de résultats mesurables ». Dans cette dynamique, l’exécutif a rendu obligatoire le visa préalable de l’Office national de l’emploi pour toute offre d’emploi, afin de « garantir la transparence des recrutements et lutter contre les pratiques frauduleuses ».

La réforme du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) constitue un autre pilier de cette politique. Par le décret du 30 mai 2025, le taux journalier est passé de 7 075 francs congolais à 14 500 francs, puis à 21 500 francs depuis janvier 2026. Cette revalorisation vise à « renforcer le pouvoir d’achat et améliorer les conditions de vie des travailleurs », conformément à l’article 36 de la Constitution, qui garantit une rémunération assurant une existence digne.

Sur le terrain, la mise en œuvre de cette mesure suscite toutefois des ajustements, notamment du côté du secteur privé, qui plaide pour une application progressive. Le Comité national du Travail est appelé à arbitrer ces discussions entre employeurs, syndicats et autorités publiques.

Parallèlement, le gouvernement affirme sa volonté de protéger l’emploi national. Le renforcement des inspections du travail vise à faire respecter la législation en matière de contrats et à limiter le recours abusif à la main-d’œuvre étrangère dans des secteurs réservés aux Congolais. Cette politique s’inscrit dans une logique de valorisation des compétences locales.

La réforme des retraites dans la fonction publique constitue un autre chantier structurant. Avec la loi du 15 juillet 2022 et la mise en place d’un régime spécifique de sécurité sociale, plus de 11 000 agents ont déjà été mis à la retraite, avec des allocations versées dans des délais encadrés. L’objectif est de rajeunir l’administration et d’ouvrir de nouvelles opportunités d’emploi, avec un cap fixé à 300 000 départs à l’horizon 2030.

Dans ce contexte, le gouvernement met également en avant les effets du raffermissement du franc congolais, qui contribue à améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs rémunérés en monnaie nationale.

Au-delà des chiffres et des réformes, l’exécutif défend une approche globale du travail, conçue comme un facteur de dignité. « La paix sociale, la justice et la prospérité passent par un travail décent, justement rémunéré et accessible », résume-t-on au sein du gouvernement.

La Journée du 1er mai apparaît ainsi, en RDC, non seulement comme un moment de mémoire, mais aussi comme un point d’appui pour mesurer les avancées et rappeler les défis. Car si le travail est un droit garanti, il reste aussi, selon les autorités, « un devoir de chaque citoyen dans la construction de la nation ».

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