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13 mai, 2026 - 18:44:35
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Sahara : la souveraineté marocaine s’impose, Mohammed Slaoui salue la diplomatie royale

Dans une tribune offensive, l’ancien diplomate marocain Mohammed Slaoui dresse le bilan d’un demi-siècle de bataille diplomatique autour du Sahara. Il attribue les avancées décisives : reconnaissance américaine, ralliement espagnol, clarification française, à une stratégie royale « méthodique, patiente et implacable ». Face à ce qu’il qualifie de « mythocratie » algérienne, il appelle à combler un déficit de communication interne : selon lui, si la diplomatie marocaine a « gagné la carte », la société doit désormais « gagner les consciences » en structurant un récit national à la hauteur des acquis.

Mohammed Slaoui : « Ils ont semé le mythe, nous avons récolté un triomphe »

Dans une tribune publiée le 3 mai 2026, Mohammed Slaoui, ancien diplomate marocain, propose une lecture assumée et résolument positive du rapport de forces diplomatique autour du Sahara. Son propos s’inscrit dans une double logique : dresser un bilan des avancées engrangées par Rabat et interpeller la société marocaine sur la nécessité de mieux porter ce récit à l’international comme à l’interne.

D’emblée, le ton est donné. « Le temps des euphémismes est terminé », écrit-il, avant d’affirmer que « si le Sahara marocain est aujourd’hui une réalité internationale, c’est d’abord l’œuvre d’une diplomatie royale méthodique, patiente et implacable ». Pour l’ancien diplomate, ces résultats ne relèvent ni du hasard ni d’un contexte favorable, mais d’un travail de long terme, structuré au plus haut niveau de l’État.

Selon lui, les jalons récents confirment cette trajectoire. Il cite notamment la reconnaissance américaine de 2020, fruit d’« un travail de fond, État à État, conduit sur une vingtaine d’années », ainsi que le repositionnement de l’Espagne en 2022, qualifiant le plan d’autonomie de « base la plus sérieuse, réaliste et crédible ». À ses yeux, ces inflexions traduisent la capacité du Maroc à convaincre des partenaires historiquement prudents.

L’analyse s’étend à l’Europe, où il observe un basculement progressif. « Une large majorité des États membres reconnaît désormais, explicitement ou implicitement, la marocanité du Sahara », écrit-il, soulignant que les accords commerciaux européens intègrent de facto le territoire. Le Royaume-Uni, ajoute-t-il, a également « formalisé sa reconnaissance en 2023 », confirmant cette dynamique au-delà de l’Union européenne.

Pour Mohammed Slaoui, ces évolutions s’inscrivent dans un mouvement plus large : « Sur 193 États à l’ONU, plus de cent soutiennent aujourd’hui le Maroc. Notre diplomatie a fait mieux que convaincre. Elle a isolé l’adversaire. » À l’inverse, il estime que la RASD ne bénéficie plus que d’un soutien marginal, qu’il attribue à des logiques d’intérêts.

Une diplomatie de résultats, un récit à construire

Au-delà du bilan, la tribune met en lumière ce que l’auteur considère comme une faiblesse stratégique : le déficit de communication. « Notre diplomatie gagne les chancelleries pendant que nous perdons les consciences », prévient-il, pointant une asymétrie entre efficacité diplomatique et visibilité narrative.

Dans son analyse, cette discrétion historique, perçue comme une force dans la négociation, devient un handicap dans la bataille de l’opinion. « Chaque victoire diplomatique non racontée est une atteinte à l’œuvre accomplie », insiste-t-il. Il appelle ainsi à une mobilisation élargie des acteurs nationaux – médias, universitaires, diplomates – pour « transformer le bilan royal en argument de fond, répété jusqu’à l’assimilation ».

Cette stratégie passerait, selon lui, par une pédagogie constante et structurée. « Il faut avoir les chiffres en bouche », écrit-il, évoquant les reconnaissances internationales, l’ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla, ou encore les investissements dans les provinces du Sud.

Une expérience diplomatique au service du plaidoyer

La tribune s’appuie également sur le vécu personnel de l’auteur, qui évoque près de quarante années de carrière. « Je l’ai vécu. […] J’ai vu ça. Tout le temps », affirme-t-il en décrivant les tensions diplomatiques récurrentes avec l’Algérie dans différents forums internationaux.

Il relate notamment des épisodes survenus dans des enceintes multilatérales, où des sujets sans lien direct avec le Sahara étaient, selon lui, instrumentalisés. « À l’AIEA, ils nous sortaient le cannabis marocain. L’AIEA. L’atome. Et eux parlaient de kif », raconte-t-il, illustrant ce qu’il perçoit comme une stratégie de diversion systématique.

Face à ces pratiques, il décrit une posture marocaine fondée sur la constance et la retenue : « Menacer de boycotter, mais sans rompre. Négocier, mais sans céder. Toujours. À chaque fois. » Une approche qui, selon lui, a permis de préserver les positions du Maroc tout en consolidant son image de partenaire stable.

Un appel à une mobilisation nationale durable

En conclusion, Mohammed Slaoui élargit le débat au-delà du seul dossier du Sahara. Il inscrit la question dans une réflexion plus globale sur la sécurité nationale, incluant les dimensions économique, sociale et culturelle.

« Communiquer n’est plus une option. C’est un devoir de conservation », affirme-t-il, appelant à inscrire cette démarche dans la durée. Il insiste notamment sur l’importance du « soft power » marocain et sur la nécessité de protéger l’image du pays à l’international.

Enfin, l’ancien diplomate adresse un message aux jeunes générations. « La diplomatie royale a gagné la carte. À vous de gagner les consciences », écrit-il, les invitant à s’approprier le sujet à travers la recherche, l’analyse et le débat.

Dans cette tribune, Mohammed Slaoui propose ainsi une lecture structurée et résolument optimiste des acquis diplomatiques marocains, tout en soulignant que la bataille du récit reste, selon lui, à consolider.

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