Encadrer un phénomène devenu sensible dans plusieurs provinces du nord du pays. À Kinshasa, lors de la conférence de presse présidentielle du 6 mai, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a annoncé la mise en place d’une commission multisectorielle chargée d’identifier les éleveurs transhumants dits « Mbororo ». Objectif : établir un état des lieux précis et préparer une réflexion nationale sur leur encadrement. Une initiative qui traduit la volonté des autorités de mieux gérer les dynamiques migratoires internes et leurs implications sécuritaires, économiques et sociales.
La question de la transhumance des éleveurs Mbororo s’invite désormais au cœur de l’agenda politique en République démocratique du Congo. À l’occasion de la conférence de presse du chef de l’État, tenue le 6 mai à Kinshasa, Jacquemain Shabani Lukoo a publiquement abordé un dossier longtemps relégué au second plan, mais dont les implications se font de plus en plus visibles dans plusieurs provinces du nord du pays.
Intervenant devant la presse, il a attiré l’attention sur « la présence des éleveurs transhumants dits Mbororo dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi, du Haut-Uele et du Bas-Uele », soulignant les enjeux multiples liés à ces mouvements de populations et de troupeaux. Une présence qui suscite, depuis plusieurs années, interrogations et préoccupations au sein des communautés locales, notamment en matière de cohabitation, d’accès aux ressources et de sécurité.
Face à cette situation, les autorités ont décidé de structurer leur réponse. « Une commission multisectorielle a été mise en place pour identifier et recenser les personnes concernées, leurs bêtes ainsi que leurs sites d’installation », a annoncé Jacquemain Shabani Lukoo. Cette démarche vise à produire des données fiables, préalable indispensable à toute politique publique efficace.
L’enjeu est d’abord celui de la connaissance. Qui sont ces éleveurs ? D’où viennent-ils ? Dans quelles conditions s’installent-ils ? Et selon quelles dynamiques se déplacent-ils ? Autant de questions auxquelles l’État entend désormais apporter des réponses précises, afin de sortir d’une gestion approximative du phénomène.
Mais au-delà du recensement, c’est une réflexion plus large qui se dessine. Les travaux de la commission doivent en effet préparer la tenue prochaine, à Kinshasa, d’une rencontre nationale dédiée à la définition d’une politique de gestion des populations en transhumance. « Ces travaux prépareront la tenue prochaine d’une réflexion nationale », a précisé l’intervenant, inscrivant cette initiative dans une perspective de moyen et long terme.
Cette approche marque une évolution notable dans la gestion de la transhumance en RDC. Plutôt que des réponses ponctuelles ou sécuritaires, les autorités semblent privilégier une démarche structurée, intégrant les dimensions économiques, sociales, environnementales et sécuritaires du phénomène.
Dans les provinces concernées, la question est sensible. La cohabitation entre éleveurs transhumants et populations locales peut générer des tensions, notamment autour de l’usage des terres et des ressources naturelles. Dans certains cas, ces frictions ont dégénéré en incidents, alimentant un climat de méfiance.
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