La Constitution s’impose au cœur du débat politique congolais, et Félix Tshisekedi a choisi d’en fixer les contours avec gravité et méthode. Face à la presse nationale et internationale réunie à Kinshasa, le chef de l’État a posé un principe qui structure désormais la discussion publique : aucune question d’intérêt national ne doit être interdite au débat, mais toute réflexion sur les institutions doit se faire dans le strict respect de l’État de droit, loin des passions politiciennes et des précipitations. Une ligne de crête qui vise à concilier ouverture démocratique et exigence de responsabilité. Dans un contexte marqué par des tensions politiques et des interrogations sur l’évolution des équilibres institutionnels, le président de la République a insisté sur la nature fondamentale de la Constitution, décrite comme « le pacte qui organise la vie commune, garantit la stabilité et protège la Nation ». À ses yeux, toute tentative de réforme ou même de discussion autour de ce socle ne peut se concevoir sans rigueur, sans transparence et sans un sens élevé de l’intérêt général. « Y toucher exige de l’écoute, de la responsabilité et de la maturité », a-t-il martelé, appelant à un débat débarrassé des « manipulations » et de toute « obsession politicienne ». Au-delà de la seule question constitutionnelle, cette prise de parole s’inscrit dans une intervention plus large où le chef de l’État a dressé un panorama des enjeux majeurs auxquels fait face la République démocratique du Congo. De la guerre d’agression persistante dans l’Est, aux motivations prédatrices, aux efforts diplomatiques engagés pour une paix « juste et durable », en passant par les partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis, et la volonté de transformer les ressources minières en levier de développement national, Félix Tshisekedi a défendu une vision d’un État souverain, maître de ses choix et engagé dans sa transformation. Sur le plan intérieur, il a également évoqué les défis du quotidien : pouvoir d’achat, emploi, accès aux services sociaux de base, tout en mettant en avant les avancées économiques et les projets structurants engagés. Reconnaissant les attentes pressantes de la population, il a appelé à une accélération de l’action publique, à davantage de discipline et à une exécution rigoureuse des politiques. Mais c’est bien sur le terrain politique que le message se veut le plus structurant. Dans une démocratie qu’il souhaite « vivante, exigeante et pluraliste », le président a rappelé que le débat est légitime, mais qu’il ne peut se construire dans la désinformation, la haine ou la remise en cause permanente des institutions. En filigrane, un appel à l’unité sur l’essentiel, à la responsabilité dans la divergence et à la maturité dans l’expression démocratique.
MOT D’INTRODUCTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR FELIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, A LA CONFERENCE DE PRESSE DEVANT LA PRESSE NATIONALE ET INTERNATIONALE
Kinshasa, le 06 Mai 2026
Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,
Mesdames et Messieurs les représentants de la presse nationale et internationale,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureux de vous retrouver aujourd’hui à l’occasion de cette conférence de presse, un exercice important de dialogue direct et de confrontation sereine des idées. Ce moment est nécessaire. Il me permet de répondre aux interrogations légitimes de nos concitoyens, d’éclairer l’opinion publique et de permettre à la presse d’exercer, en toute responsabilité, sa mission d’information, de vigilance et d’interpellation.
Je veux donc commencer par rendre hommage aux femmes et aux hommes des médias de notre pays. Que vous exerciez à Kinshasa, dans les provinces les plus reculées, au sein d’un grand réseau international ou d’une radio communautaire de proximité, vous remplissez une mission civique irremplaçable. Je vous en suis reconnaissant.
Je pense à celles et ceux qui, chaque jour, dans les rédactions comme sur le terrain, souvent dans des conditions difficiles, parfois au péril de leur sécurité, donnent à nos concitoyens les moyens de comprendre, de débattre et de participer à la vie nationale.
Je pense aux journalistes, congolais et étrangers, qui couvrent la guerre, aux reporters qui mettent un visage sur les souffrances de nos populations, ainsi qu’à tous les professionnels qui refusent la facilité de la rumeur, de l’invective et de la manipulation.
La liberté de la presse n’est pas une faveur accordée par le pouvoir. Elle est une exigence démocratique. Elle protège les citoyens contre l’arbitraire, oblige les gouvernants à rendre compte, et contribue à la vitalité de la République.
Mais la liberté de la presse appelle aussi une haute responsabilité. Car la guerre ne se mène pas seulement par les armes ; elle se mène aussi par la désinformation, la propagande, les images détournées, les récits fabriqués et les tentatives de manipulation de l’opinion. Lorsque des puissances extérieures hostiles investissent massivement dans la manipulation de l’opinion publique congolaise, la responsabilité du journaliste devient un enjeu de sécurité nationale.
Informer, ce n’est pas attiser. Critiquer, ce n’est pas détruire. Enquêter, ce n’est pas servir des agendas de déstabilisation. Être libre, ce n’est pas être affranchi de l’éthique, de la rigueur, de la vérification des faits, du respect de la dignité humaine et de l’intérêt supérieur de la Nation.
Je ne demande à aucun journaliste de renoncer à son indépendance. Je vous demande d’exercer cette indépendance avec la pleine conscience de ce que représente aujourd’hui la République Démocratique du Congo : une nation engagée dans un combat pour sa survie, pour son intégrité et pour sa dignité. Le patriotisme républicain n’est pas l’ennemi du journalisme ; il peut et il doit en être la boussole morale. Une information qui affaiblit délibérément les institutions de l’État au bénéfice de l’agresseur ne relève plus de la liberté de la presse ; elle s’apparente à une forme de complicité.
Mesdames et Messieurs,
Depuis plusieurs années, la République Démocratique du Congo endure une guerre injuste, brutale et imposée à notre peuple. Ce n’est ni une exagération de langage, ni une lecture partisane des faits. C’est un fait juridique, militaire et humanitaire établi par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, par les rapports des experts indépendants, par les témoignages concordants de nos populations, et, plus tragiquement encore, par le vécu quotidien de millions de Congolaises et de Congolais dans l’Est de notre pays. Cette guerre d’agression poursuit des objectifs clairs : la prédation de nos ressources, la déstabilisation de nos institutions et la perpétration de violations systématiques des droits humains.
Des villes ont été occupées. Des familles ont été arrachées à leurs foyers. Des femmes ont subi des atrocités qui révulsent la conscience humaine. Des enfants ont été enrôlés et utilisés comme chair à canon. Des infrastructures construites avec l’argent du peuple congolais ont été détruites ou pillées. Que ceux qui ont voulu réduire cette guerre à un conflit interne, à une crise de gouvernance ou à une dispute tribale regardent la vérité en face : il y a un agresseur, et cet agresseur a un nom.
Je veux redire ici ma compassion aux familles endeuillées, ma solidarité aux déplacés, ainsi que mon soutien résolu à nos Forces armées, à notre Police nationale, à nos services de sécurité, aux patriotes résistants Wazalendo et à toutes les communautés du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et d’ailleurs, qui continuent de faire preuve d’un courage admirable et d’une dignité exemplaire.
Face à cette réalité, le Gouvernement de la République a pris ses responsabilités. Sur le plan militaire, nos Forces armées ont démontré une détermination et un courage remarquables, souvent dans un contexte de nette asymétrie matérielle.
Oui, la paix demeure notre objectif premier. Mais il ne saurait s’agir d’une paix de capitulation, ni d’une paix qui légitimerait l’occupation, l’humiliation ou l’impunité. La paix que nous défendons est une paix juste, durable et conforme à la résolution 2773 du Conseil de sécurité : une paix fondée sur le respect de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale, sur le retrait des forces étrangères, sur la fin de tout soutien aux groupes armés, sur le retour sécurisé des déplacés, ainsi que sur la restauration pleine et entière de l’autorité de l’État.
C’est dans cet esprit que, parallèlement à nos efforts militaires et sécuritaires, nous avons engagé une action diplomatique soutenue auprès de nos partenaires africains, régionaux et internationaux, avec une ligne constante : défendre la vérité, faire respecter le droit et construire les conditions d’une paix véritable.
Avoir privilégié la voie diplomatique n’a jamais été un signe de faiblesse. C’était, au contraire, le choix de la responsabilité, de la maîtrise et de la puissance. Car la diplomatie, lorsqu’elle est portée avec méthode et rigueur, est un instrument de la puissance de l’État. Elle permet d’isoler l’agresseur, de mobiliser le droit international, d’obtenir des sanctions ciblées contre ceux qui entravent le retour de la paix, de faire entendre la voix de notre peuple, et de rechercher, chaque fois que cela est possible, des solutions qui préservent des vies humaines sans jamais sacrifier les intérêts fondamentaux de la République.
C’est dans cette logique que s’inscrivent les Accords de Washington.
Je sais les interrogations qu’ils ont pu susciter. Je connais les attentes, les inquiétudes, parfois les critiques. Je veux donc être parfaitement clair : Garant de la Nation, je n’aurais accepté aucun accord, aucune médiation, aucun partenariat qui porterait atteinte à la souveraineté de la République Démocratique du Congo, à l’intégrité de son territoire ou à la dignité de son peuple.
Les Accords de Washington ne sont pas une délégation de souveraineté. Ils ne sont pas une transaction sur le dos du peuple congolais. Ils n’ont de sens qu’en ce qu’ils doivent contribuer concrètement à faire taire les armes, à mettre fin au soutien aux groupes armés, à restaurer pleinement l’autorité de l’État, à sécuriser nos frontières et à ouvrir une perspective réelle de stabilité dans la région des Grands Lacs.
La République Démocratique du Congo ne peut plus être réduite à l’image d’un pays que l’on convoite, que l’on pille ou que l’on déstabilise. Elle a vocation à devenir un pilier de paix, de croissance, de transition énergétique et de prospérité partagée en Afrique. Le monde commence désormais à le comprendre : notre pays n’est plus seulement regardé comme un territoire de problèmes ; il est désormais identifié, à l’échelle du monde, comme un territoire de solutions. Solutions pour l’énergie, solutions pour le climat, solutions pour l’industrie de demain. Nos minerais critiques — le cobalt, le coltan, le lithium, le cuivre — ne sont pas de simples richesses enfouies dans notre sous-sol ; ils sont des ressources stratégiques qui participent à façonner l’avenir du monde.
En cela, ils confèrent à notre pays une responsabilité particulière, mais aussi un levier de repositionnement historique.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le partenariat stratégique que nous construisons avec les États-Unis d’Amérique, matérialisé par la signature d’un Accord économique stratégique et d’un Mémorandum d’entente sécuritaire. Ce partenariat n’est dirigé contre personne. Il ne constitue ni un alignement idéologique ni une substitution de dépendance. Il procède d’un choix souverain, fondé sur une convergence d’intérêts clairement identifiés.
Nos minerais critiques ne peuvent plus être extraits chez nous, exportés à l’état brut, puis valorisés ailleurs, pendant que nos populations demeurent dans la pauvreté. Ce modèle n’est plus acceptable.
Ce que nous voulons désormais, ce sont des investissements responsables, des infrastructures structurantes, des unités de transformation locale, des emplois pour notre jeunesse, une gouvernance transparente des ressources naturelles, et des partenariats qui servent d’abord les intérêts du peuple congolais.
La République Démocratique du Congo n’est pas fermée au monde. Elle lui parle simplement en Nation souveraine. Elle ne ferme pas ses portes aux investisseurs ; elle leur fixe une règle claire : respectez nos lois, respectez nos communautés, respectez nos travailleurs, respectez notre environnement, et nous construirons ensemble une prospérité juste, durable et mutuellement bénéfique.
Mesdames et Messieurs,
Au-delà des enjeux sécuritaires et diplomatiques, je sais que la première préoccupation de nos populations demeure le quotidien : le coût de la vie, le pouvoir d’achat, l’emploi, les routes, l’électricité, l’eau, l’école, la santé, la justice, ainsi que les perspectives offertes à notre jeunesse.
Je ne suis pas venu vous dire que tout est accompli. Ce ne serait ni vrai, ni juste, ni respectueux des efforts et des sacrifices que nos compatriotes consentent chaque jour.
Je suis venu dire ce qui a été engagé, reconnaître ce qui demeure encore comme défis, et indiquer la direction que nous devons poursuivre.
Sur le plan économique, nous avons œuvré à préserver la stabilité macroéconomique dans un environnement national et international particulièrement contraint. L’inflation est revenue à 3,3%, grâce au dispositif de régulation et de contrôle des prix. Dans le souci de protéger le pouvoir d’achat, l’impôt sur les revenus professionnels a été réduit de 15% à 3%. Parallèlement, les salaires des fonctionnaires ont été triplés, tandis que ceux des militaires et des policiers ont été quadruplés. Enfin, quatre baisses successives des prix du carburant sont venues atténuer la pression sur le budget des ménages.
Nous avons relancé des projets structurants d’envergure. Je pense notamment à la mise en service de la centrale hydroélectrique de Kakobola, au lancement des travaux du port en eau profonde de Banana, à la modernisation de l’aéroport international de N’djili, à la construction de la rocade de Kinshasa, au corridor routier et ferroviaire Kinshasa-Lubumbashi, ainsi qu’au corridor Sakania-Lobito.
Nous investissons également dans la modernisation de l’enseignement supérieur, avec la construction de nouvelles universités et d’infrastructures académiques à travers le pays, notamment à Bunia, Mbuji-Mayi, Kolwezi et Kananga, tandis que d’autres projets sont prévus à Kisangani et à Mbandaka. Ces investissements répondent à une ambition claire : améliorer l’accès à une éducation de qualité, décongestionner les grands centres urbains et stimuler les économies locales.
Toutefois, la stabilité des grands indicateurs macroéconomiques ne saurait suffire si elle ne se traduit pas concrètement dans la vie quotidienne des ménages. Le véritable succès économique se mesure au panier de la ménagère, au revenu du travailleur moyen, à l’emploi du jeune diplômé, à la capacité d’une famille à se soigner, à se loger, à scolariser ses enfants et, plus largement, à vivre dignement.
C’est pourquoi l’action du Gouvernement doit demeurer résolument concentrée, avec davantage de discipline, de constance et de méthode, sur les six engagements que j’ai pris devant le peuple lors de mon investiture pour ce second mandat : créer davantage d’emplois et développer l’économie ; protéger et renforcer le pouvoir d’achat ; mieux protéger la population et le territoire ; diversifier l’économie et accroître sa compétitivité ; assurer un meilleur accès aux services de base ; et renforcer l’efficacité des services publics.
J’aurai l’occasion de revenir plus en détail, chiffres à l’appui, sur les avancées enregistrées dans chacun de ces engagements au moment de répondre à vos questions. Car oui, des choses ont été faites. Oui, des résultats existent.
Et même si tout n’est pas achevé, et que beaucoup reste encore à faire, le chemin parcouru est réel. Les chantiers encore ouverts sont nombreux. Et la vision, elle, demeure intacte.
Je sais néanmoins que nos populations attendent davantage : des résultats plus visibles, plus rapides et plus justement partagés. L’heure n’est donc ni au relâchement ni à l’autosatisfaction. L’heure est à l’accélération, à la discipline dans l’action, à l’exécution rigoureuse et à la pleine redevabilité.
Mesdames et Messieurs,
La situation politique nationale appelle, de la part de tous les acteurs, un sens aigu des responsabilités.
La démocratie congolaise doit demeurer vivante, exigeante et pluraliste. Le débat politique y a toute sa place. La contradiction y est naturelle. La critique y est légitime, et même nécessaire. Mais la République ne peut se construire dans la haine permanente, dans la désinformation, dans le soupçon systématique, dans la contestation stérile des institutions ou dans l’instrumentalisation de nos fragilités nationales.
Je reste, pour ma part, ouvert au dialogue. Je l’ai toujours été lorsque ce dialogue sert la paix, la cohésion nationale, l’intérêt général et la stabilité du pays. Mais le dialogue ne peut être dévoyé en instrument de pression, de contournement des institutions ou de remise en cause de la souveraineté populaire, telle qu’elle s’exprime conformément à la Constitution et aux lois de la République.
S’agissant du débat sur la Constitution, je souhaite rappeler un principe simple : aucune question d’intérêt national ne saurait être confisquée, caricaturée ou interdite de réflexion. Mais toute réflexion sur nos institutions doit être conduite avec sérieux, avec transparence, avec méthode, dans le respect scrupuleux de l’État de droit, sans précipitation, sans manipulation et sans obsession politicienne.
La Constitution n’est ni un instrument de circonstance, ni un objet de convenance. Elle est le pacte fondamental qui organise notre vie commune, garantit l’équilibre de nos institutions et protège la stabilité de la Nation. Y toucher, ou même en débattre, exige donc de l’écoute, de la rigueur, de la responsabilité et un sens élevé de l’intérêt national.
Au fond, ce dont la République a besoin aujourd’hui, c’est d’unité sur l’essentiel, de responsabilité dans la divergence et de maturité dans le débat public.
Mesdames et Messieurs,
La République Démocratique du Congo est à un tournant de son histoire : celui où elle doit assumer pleinement son destin.
Notre pays n’est pas pauvre ; il a été appauvri — par l’histoire, par la prédation, par les guerres d’agression, par la mauvaise gouvernance, par les trafics, et par trop d’occasions manquées. Malgré tout, il demeure l’un des pays les plus stratégiques au monde, par sa position au cœur de l’Afrique, par ses ressources naturelles exceptionnelles, par le rôle écologique majeur du Bassin du Congo, par le courage de son peuple et le génie et l’énergie de sa jeunesse.
Notre devoir historique est de transformer ce potentiel en puissance réelle : convertir nos ressources en emplois, nos minerais en industries, notre jeunesse en capital humain, notre position géographique en levier de croissance, notre diversité en force, et nos épreuves en sursaut national. C’est à cette tâche que je consacre mon engagement depuis mon accession à la magistrature suprême, avec le concours du Gouvernement et de toutes les forces vives de la Nation.
La vision que je porte est celle d’une République Démocratique du Congo souveraine, unie, respectée, productive, juste et ouverte au monde.
Un Congo qui recherche la paix sans jamais renoncer à sa dignité.
Un Congo qui coopère sans se soumettre.
Un Congo qui attire les partenaires sans brader ses ressources.
Un Congo qui débat sans se déchirer.
Un Congo qui réforme sans exclure.
Un Congo qui protège ses citoyens et exige de chacun le sens du devoir national.
Je connais les impatiences. Je connais les frustrations. Je connais les douleurs. Mais je connais aussi la force du peuple Congolais. Chaque fois que l’histoire a voulu nous diviser, nous avons trouvé en nous les ressources pour rester debout. Chaque fois que l’on a voulu réduire le Congo à ses crises, le Congo a rappelé qu’il était plus grand que les crises qu’il traverse. C’est à cette hauteur que je nous invite aujourd’hui.
Aux Congolaises et aux Congolais, je veux dire ceci : gardons confiance, mais demeurons exigeants. L’État doit agir davantage, mieux et plus vite. Mais la Nation, elle aussi, se construit chaque jour par la responsabilité de chacun, par l’effort de tous, et par la fidélité au bien commun.
À vous, chers amis de la presse : continuez à questionner, à enquêter, à éclairer. Faites-le avec liberté. Faites-le avec rigueur. Faites-le avec conscience. Dans une démocratie digne de ce nom, la presse n’est pas l’ennemie de l’État ; elle est l’une des vigies de la République.
Mesdames et Messieurs,
J’ai souhaité, par ces mots introductifs, fixer le cadre de notre échange. Je suis à présent prêt à répondre à vos questions. Je le ferai avec le respect dû à la presse, et avec le sens de responsabilité qu’impose la charge que le peuple congolais m’a confiée.
La parole est à vous !
Je vous remercie.

