À quelques jours de la Journée internationale des musées, célébrée le 18 mai, le Musée national de Kananga tire la sonnette d’alarme. Dans un contexte de dégradation avancée de ses infrastructures, la direction de cette institution culturelle du Kasaï-Central en appelle à une mobilisation des autorités et des partenaires pour préserver un patrimoine jugé menacé.
Dans un entretien accordé dimanche 10 mai à notre rédaction, le directeur général du musée, Innocent Daniel Lusamba Mudipanu, insiste sur le rôle central de l’établissement dans la transmission de l’histoire et de l’identité culturelle locales. « Le musée est un espace de mémoire et de transmission du savoir », souligne-t-il, évoquant un lieu destiné notamment à sensibiliser les jeunes générations aux traditions, aux œuvres artistiques et à l’héritage des ancêtres.
Mais cette mission se heurte à des contraintes structurelles majeures. L’institution fonctionne dans des locaux que ses responsables jugent inadaptés aux exigences de conservation des pièces historiques et artistiques. « L’état de dégradation avancé des installations expose nos collections à des risques réels de détérioration », alerte le directeur général, pointant l’absence d’infrastructures conformes aux normes modernes.
À ces difficultés s’ajoute une situation immobilière précaire. Le bâtiment actuellement occupé appartient à un particulier, tandis que les frais de location sont pris en charge par la Direction générale des impôts (DGI). Une solution transitoire, selon la direction, qui ne répond ni aux besoins croissants du musée ni aux impératifs de conservation.
Un projet de construction d’un nouveau musée, annoncé avec l’appui de l’UNESCO, reste à ce jour en suspens. « Nous attendons toujours la concrétisation de ce projet », rappelle Innocent Daniel Lusamba Mudipanu, appelant à un engagement plus soutenu des pouvoirs publics et des partenaires culturels.
Face à l’urgence, la direction plaide pour la mise en place d’une infrastructure moderne, capable d’assurer la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel du Kasaï. « Il en va de la mémoire collective et de l’identité de nos communautés », insiste-t-elle.
En dépit de ces difficultés, le Musée national de Kananga entend marquer la Journée internationale des musées en ouvrant gratuitement ses portes au public le 18 mai. Une initiative destinée à encourager la fréquentation du site et à sensibiliser davantage à la nécessité de protéger le patrimoine national.
Entre fragilité des moyens et richesse des collections, l’institution illustre les défis auxquels font face de nombreuses structures culturelles en République démocratique du Congo, à l’heure où la question de la préservation du patrimoine demeure un enjeu majeur.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

