Le président Félix Tshisekedi hausse le ton face au désordre urbanistique qui gagne les grandes villes du pays, particulièrement Kinshasa. Lors de la 89e réunion du Conseil des ministres, le chef de l’État a dénoncé la multiplication des constructions anarchiques, l’occupation irrégulière des espaces publics et le non-respect des normes de sécurité et d’aménagement du territoire. Estimant que « la modernisation des villes ne peut se faire dans l’anarchie », il a ordonné une série de mesures coercitives visant à restaurer l’autorité de l’État, renforcer le contrôle des permis de construire et sanctionner les auteurs d’infractions urbanistiques.
Réuni vendredi 15 mai à la Cité de l’Union africaine, le Conseil des ministres a consacré une large partie de ses travaux à la dégradation de l’ordre urbanistique dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo.
Dans sa communication, le président Félix Tshisekedi a exprimé sa vive préoccupation face à « la multiplication soutenue des constructions de tous genres », particulièrement dans la ville-province de Kinshasa.
Le chef de l’État a reconnu que cette dynamique traduisait « l’ambition légitime des populations et des investisseurs » ainsi qu’un signal positif de modernisation urbaine et de vitalité économique. Toutefois, il a dénoncé un développement urbain qui s’effectue « dans un désordre intolérable ».
Selon lui, plusieurs constructions sont réalisées en violation des normes urbanistiques et sécuritaires, avec notamment des immeubles érigés dans des zones réservées aux habitations basses, parfois à proximité d’édifices sensibles de l’État.
Restaurer l’autorité de l’État
Le président de la République a également dénoncé l’occupation anarchique de la voie publique par les matériaux de construction.
« Des sables, des caillasses, des moellons et autres agrégats sont anarchiquement entreposés sur la voie publique, impactant négativement la circulation routière et aggravant l’insalubrité », a-t-il relevé.
Pour Félix Tshisekedi, cette situation compromet non seulement l’esthétique urbaine, mais aussi la sécurité collective et l’écoulement normal des eaux de pluie.
« La modernisation de nos villes ne peut se faire dans l’anarchie ni au détriment de l’ordre public, de la sécurité collective et des règles d’aménagement du territoire », a insisté le chef de l’État.
Face à cette situation, il a instruit, sous la coordination de la Première ministre, plusieurs membres du gouvernement ainsi que les gouverneurs de province de prendre « sans délai » des mesures rigoureuses.
Contrôles renforcés et sanctions annoncées
Parmi les décisions annoncées figurent le renforcement du contrôle préalable à la délivrance des permis de construire, l’identification des bâtiments érigés en violation des normes urbanistiques et l’interdiction des constructions menaçant la sûreté des installations publiques sensibles.
Le gouvernement devra également réglementer strictement l’entreposage des matériaux de construction et harmoniser les interventions des services techniques, cadastraux et fonciers afin de mettre fin aux autorisations irrégulières.
Le président a en outre exigé l’application « sans complaisance » des mesures coercitives prévues contre les auteurs de constructions anarchiques.
Un mécanisme permanent de contrôle et de suivi des nouvelles constructions devra aussi être instauré dans les principales villes du pays afin de restaurer durablement la discipline urbaine.
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