91.78 F
Kinshasa
29 mai, 2026 - 18:25:25
Image default
Flash InfosLa unePolitique

Constitution : l’UDPS de Kabuya assume désormais le projet d’un nouveau texte fondé sur la CNS

Le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise prend une tournure plus explicite au sein du pouvoir. À deux ans de la fin du second mandat du président Félix Tshisekedi, l’UDPS/Tshisekedi revendique ouvertement son ambition de doter la République démocratique du Congo d’une nouvelle Constitution inspirée des travaux de la Conférence nationale souveraine de 1992. Lors d’une matinée politique organisée à Kinshasa, le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a défendu une réforme qu’il présente comme un hommage aux martyrs de la démocratie, tout en répondant aux critiques de l’Église catholique et de l’opposition. Une prise de position qui relance les interrogations sur un éventuel référendum et sur les perspectives d’un troisième mandat présidentiel.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) ne cache plus ses intentions sur la question constitutionnelle. Le parti présidentiel a réaffirmé publiquement sa volonté de doter la République démocratique du Congo d’une nouvelle Constitution, alors que le second et dernier mandat du président Félix Tshisekedi doit théoriquement prendre fin en décembre 2028.

Dimanche 17 mai 2026, au siège du parti à Kinshasa, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a profité d’une matinée politique réunissant cadres et militants pour défendre une réforme constitutionnelle qu’il présente désormais comme une orientation politique assumée du parti au pouvoir.

Le député national élu de Mont-Amba a indiqué que cette future réforme devrait s’appuyer sur les acquis de la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992, qu’il considère comme une référence historique dans la lutte démocratique congolaise.

« Pour nous, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), nous avions dit ceci : l’actuelle Constitution, il faut la changer. Et puis, pour ne pas apparaître comme obstacle, nous avions dit ceci : les gens sont morts dans ce pays le 16 février 1992 pour la réouverture de la Conférence nationale souveraine et, pour honorer leur mémoire, il fallait prendre le projet rédigé déjà pour actualiser ça en rapport avec le contexte actuel », a déclaré Augustin Kabuya.

La référence à la Conférence nationale souveraine

À travers cette prise de position, l’UDPS tente d’inscrire son projet de réforme constitutionnelle dans une continuité historique liée aux revendications démocratiques des années 1990. Augustin Kabuya a insisté sur le sacrifice des militants et citoyens tués lors des manifestations du 16 février 1992, organisées pour exiger la réouverture de la Conférence nationale souveraine sous le régime du maréchal Mobutu.

Le responsable politique a également répondu aux critiques formulées ces derniers mois par plusieurs responsables de l’Église catholique, notamment le cardinal Fridolin Ambongo Besungu et le secrétaire général de la Cenco, Donatien Nshole, qui avaient exprimé leurs réserves face à toute perspective de changement constitutionnel.

« Pourquoi nous disons cela ? Vous avez vu nos frères Fridolin Ambongo et Donatien Nshole, ils ont dit ceci : pas question. Et nous, nous avons dit : les travaux de la Conférence nationale souveraine étaient dirigés par Laurent Monsengwo, un évêque catholique. Nous ne pouvons pas cracher sur la mémoire de Monsengwo et de tous nos martyrs », a soutenu Augustin Kabuya.

Selon lui, l’UDPS entend travailler « sur la Constitution de 1992 faite à la Conférence nationale souveraine, pour sa réactualisation en conformité avec les réalités actuelles ».

Une stratégie politique désormais assumée

Le secrétaire général de l’UDPS a expliqué que cette démarche n’était plus « quelque chose à cacher ». Il a rappelé qu’une note circulaire avait été envoyée dès le 10 octobre 2024 aux structures du parti dans les 145 territoires et les 26 provinces afin d’engager les discussions sur la réforme constitutionnelle.

Augustin Kabuya a également évoqué les États généraux de l’UDPS organisés en décembre 2024 à Nganda Yala, affirmant que ces assises avaient débouché sur des résolutions favorables à un changement de la Constitution actuelle.

« L’UDPS est une formation politique qui ouvre la route au sujet des affaires relatives à la Constitution de ce pays », a-t-il déclaré devant les militants.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus