La réforme de la Fonction publique congolaise revient au centre du débat politique et institutionnel. Interpellé mardi au Sénat par le sénateur Janvier Mwisha Kasiwa, le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a présenté les mesures engagées pour assainir l’administration publique, lutter contre les « agents fictifs » et corriger les disparités salariales entre Kinshasa, les provinces et certaines régies financières.
Le Sénat congolais a consacré mardi une large partie de sa séance plénière à la réforme de l’administration publique et aux dysfonctionnements persistants de la Fonction publique en République démocratique du Congo.
Sous la présidence de Jean-Michel Sama Lukonde, les sénateurs ont auditionné le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, interpellé par le sénateur Janvier Mwisha Kasiwa sur la gestion des effectifs, les disparités salariales et la problématique des « agents fictifs » au sein de l’administration congolaise.
Durant les échanges, le sénateur initiateur de l’interpellation a dressé un tableau critique du fonctionnement de la Fonction publique, évoquant des recrutements qualifiés d’anarchiques, des effectifs dépassant parfois les cadres organiques ainsi que des écarts importants de rémunération entre Kinshasa, les provinces et certaines entreprises ou régies financières.
Face à ces préoccupations, Jean-Pierre Lihau a présenté un état des lieux détaillé de l’administration publique tout en défendant les réformes engagées par le gouvernement pour moderniser et assainir le secteur.
Une offensive contre les « agents fictifs »
Le vice-Premier ministre a notamment insisté sur les mécanismes déployés pour identifier les agents irrégulièrement rémunérés et renforcer la transparence dans la gestion de la paie des fonctionnaires.
« Il n’y aura plus de place pour les agents fictifs. Chaque fonctionnaire devra être identifié, contrôlé et payé à sa juste valeur », a déclaré Jean-Pierre Lihau devant les sénateurs.
Selon lui, le gouvernement mise désormais sur plusieurs instruments techniques pour rationaliser l’administration publique, notamment la bancarisation intégrale des salaires, le déploiement du fichier unique de référence, la mécanisation des procédures administratives et le contrôle numérique des effectifs.
Ces réformes visent notamment à réduire les doublons, limiter les fraudes salariales et garantir une meilleure traçabilité des paiements dans l’administration publique.
La question sensible des inégalités salariales
L’autre enjeu majeur soulevé au Sénat concerne les fortes disparités salariales observées entre les fonctionnaires affectés à Kinshasa et ceux des provinces, mais également entre certains secteurs de l’administration publique.
Plusieurs élus dénoncent depuis des années une administration à plusieurs vitesses, où certains agents bénéficient d’avantages importants tandis que d’autres restent confrontés à des rémunérations jugées insuffisantes.
Jean-Pierre Lihau a assuré que la réforme en cours vise également à rétablir davantage d’équité dans le traitement des agents publics sur l’ensemble du territoire national.
Le ministre a indiqué que la maîtrise des effectifs et la modernisation du système de paie devaient permettre au gouvernement de mieux répartir les ressources salariales disponibles.
Pour le gouvernement, la modernisation de la Fonction publique constitue l’un des principaux leviers de réforme de l’État.
Depuis plusieurs années, les autorités congolaises tentent de rationaliser une administration régulièrement critiquée pour sa lourdeur, ses effectifs incontrôlés et les pratiques de fraude qui affectent le système de paie.
Les réformes engagées cherchent également à améliorer la performance des services publics et à restaurer la confiance des agents dans les mécanismes de gestion administrative.
À l’issue des débats, le sénateur Janvier Mwisha Kasiwa s’est déclaré satisfait des réponses apportées par le vice-Premier ministre ainsi que de la feuille de route présentée devant la chambre haute du Parlement.
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