Face à la progression de la 17ᵉ épidémie d’Ebola provoquée par la souche Bundibugyo dans l’Est de la République démocratique du Congo, le Président Félix Tshisekedi reprend personnellement le pilotage stratégique de la riposte. Mercredi à Kinshasa, le chef de l’État a présidé une réunion de haut niveau consacrée exclusivement à l’évolution de la crise sanitaire. Déploiement accéléré des équipes médicales, surveillance renforcée dans les zones touchées, mesures barrières obligatoires et contrôle accru des foyers actifs : le pouvoir congolais cherche désormais à empêcher une aggravation de l’épidémie dans un contexte marqué par la montée des cas, les difficultés de suivi des contacts et les tensions sécuritaires persistantes dans l’Est du pays.
La lutte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola entre dans une phase de mobilisation maximale au sommet de l’État congolais. Mercredi à Kinshasa, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi a présidé une réunion stratégique entièrement consacrée à l’évolution de la souche Bundibugyo, actuellement en circulation dans plusieurs provinces de l’Est du pays.
À l’issue de cette réunion, le chef de l’État a ordonné un renforcement immédiat des dispositifs sanitaires dans les zones affectées afin de contenir rapidement la propagation du virus.
« Le Chef de l’État a émis des directives stratégiques strictes pour contenir cette 17ᵉ épidémie », a indiqué une source officielle.
Selon cette source, les mesures décidées portent notamment sur le déploiement accéléré des équipes sanitaires, le renforcement des infrastructures médicales et l’intensification de la surveillance épidémiologique dans les provinces touchées.
Le Président Tshisekedi a également insisté sur l’application stricte des mesures barrières dans les zones considérées comme à haut risque.
Mesures barrières obligatoires dans les foyers actifs
Au cours des échanges, les autorités ont évalué la situation sanitaire dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où se concentre actuellement la majorité des cas suspects et confirmés liés à la souche Bundibugyo.
Le chef de l’État a ordonné que plusieurs mesures préventives deviennent systématiques dans les espaces exposés à l’épidémie.
Le lavage obligatoire des mains, la prise de température ainsi que le renforcement des contrôles sanitaires figurent désormais parmi les principales priorités fixées aux équipes de riposte.
Les autorités sanitaires poursuivent parallèlement les opérations de traçage des contacts, d’isolement des cas suspects et de sensibilisation communautaire dans les zones affectées.
La question du suivi des personnes exposées au virus demeure l’un des principaux défis de cette riposte.
Selon les dernières données communiquées par le ministère de la Santé, plus de 3.600 personnes contacts font actuellement l’objet d’une surveillance sanitaire dans les provinces concernées.
Une épidémie toujours en phase de croissance
Cette réunion stratégique intervient alors que les autorités sanitaires reconnaissent que la RDC se trouve encore au début d’une épidémie caractérisée par une progression continue du nombre de cas et des décès.
Les chiffres arrêtés au 25 mai 2026 font état de près de 1.000 personnes symptomatiques identifiées dans les zones touchées.
Le pays totalise actuellement 101 cas confirmés d’Ebola, 220 décès probables ainsi que 17 décès confirmés liés au virus.
Le taux de positivité des tests oscille entre 30 et 35 %, signe d’une circulation active du virus dans plusieurs localités de l’Est.
Les structures sanitaires assurent également la prise en charge de 230 personnes isolées et traitées dans les centres spécialisés.
L’Ituri demeure aujourd’hui l’épicentre principal de cette 17ᵉ flambée d’Ebola avec sept zones de santé affectées sur les trente-six que compte la province.
Le Nord-Kivu totalise trois zones touchées, contre une seule au Sud-Kivu.
La souche Bundibugyo actuellement en circulation suscite une forte inquiétude parmi les autorités sanitaires nationales et internationales.
Contrairement à la souche Ebola Zaïre, cette variante rare ne dispose actuellement ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique validé.
Cette situation complique considérablement les opérations médicales et renforce la nécessité d’une surveillance rigoureuse des contacts ainsi que du respect strict des mesures préventives.
Dans ce contexte, le Gouvernement congolais multiplie les dispositifs sanitaires et sécuritaires afin de limiter rapidement la propagation du virus vers d’autres provinces.
Infos27

