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4 juin, 2026 - 16:47:41
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Gandi Mole alerte : « la traçabilité redessine l’avenir du cacao africain »

Le temps où le cacao se vendait uniquement au poids touche à sa fin. Sous l’effet des nouvelles exigences internationales, notamment du règlement européen contre la déforestation, la traçabilité s’impose désormais comme le nouveau passeport d’accès aux marchés mondiaux. Pour Gandi Mole, président de Mole Groupe, cette mutation constitue autant un défi qu’une opportunité historique pour la République démocratique du Congo et l’ensemble des producteurs africains. Dans un contexte de déficit mondial record et de flambée des prix, les pays capables de garantir l’origine, la qualité et la durabilité de leurs fèves pourraient conquérir les segments les plus rémunérateurs du marché international du cacao et du chocolat.

Pendant des décennies, le marché mondial du cacao a principalement récompensé les volumes de production.

Cette époque touche progressivement à sa fin.

Aujourd’hui, le commerce international du cacao entre dans une nouvelle phase où la qualité, la durabilité et, surtout, la traçabilité deviennent des critères stratégiques majeurs pour les acheteurs et les industriels.

Cette transformation s’accélère notamment sous l’effet des nouvelles réglementations internationales, en particulier celles mises en place par l’Union européenne à travers le règlement EUDR (European Union Deforestation Regulation).

L’objectif affiché par l’Union européenne est clair : empêcher l’importation de produits liés à la déforestation et renforcer les exigences de transparence sur les chaînes d’approvisionnement agricoles.

Pour le cacao, cela signifie qu’à l’avenir, les exportateurs devront être capables de démontrer précisément l’origine des productions, les zones de culture ainsi que le respect de plusieurs critères environnementaux et réglementaires.

Cette évolution pourrait profondément transformer le marché mondial.

L’Afrique de l’Ouest représente aujourd’hui près de 70 % de la production mondiale de cacao. Pourtant, plusieurs producteurs et exportateurs africains restent encore insuffisamment préparés aux nouvelles exigences internationales en matière de traçabilité.

Dans le même temps, le marché mondial traverse une période particulièrement tendue.

Selon les données de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), le déficit mondial de cacao pour la campagne 2023-2024 est estimé entre 478.000 et 489.000 tonnes, soit l’un des plus importants enregistrés depuis plusieurs décennies. Cette situation a contribué à une hausse historique des prix du cacao, qui ont dépassé les 12.000 dollars la tonne sur certains marchés internationaux en 2024.

Pour Gandi Mole, président de Mole Groupe, ces transformations doivent être considérées comme une opportunité stratégique pour les pays capables d’anticiper les nouvelles attentes du marché.

« Le futur du cacao africain ne dépendra plus uniquement des volumes produits. Les marchés internationaux recherchent désormais de la qualité, de la traçabilité et de la durabilité. Les acteurs qui ne s’adapteront pas à cette évolution risquent progressivement d’être exclus des marchés premium », explique-t-il.

Pour la République démocratique du Congo, cette transition pourrait représenter une opportunité historique.

Avec ses importantes ressources agricoles, ses terres disponibles et son potentiel encore largement sous-exploité, la RDC possède plusieurs atouts pour construire progressivement une filière cacao moderne et compétitive.

Mais, pour y parvenir, la structuration du secteur devient essentielle.

Selon Gandi Mole, la traçabilité ne doit pas être perçue comme une simple contrainte administrative imposée par les marchés internationaux.

« La traçabilité peut devenir un véritable avantage compétitif pour les producteurs africains. Elle permet non seulement de répondre aux nouvelles exigences des acheteurs, mais également de mieux valoriser la qualité des productions locales », affirme-t-il.

C’est dans cette logique que Mole Groupe travaille déjà au développement de ses activités dans la filière cacao, avec une attention particulière portée à la qualité, à la structuration de la chaîne de valeur et à l’adaptation progressive aux standards internationaux.

Pour l’entreprise, le développement du cacao en RDC ne peut plus se limiter à une approche traditionnelle fondée uniquement sur les volumes.

Le véritable enjeu consiste désormais à construire une filière capable de répondre aux nouvelles attentes du commerce mondial.

Cette évolution pourrait également permettre aux producteurs africains de mieux capter la valeur générée par un marché mondial du chocolat estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Pendant longtemps, les pays producteurs se sont essentiellement limités à l’exportation de fèves brutes, laissant l’essentiel de la transformation et de la création de valeur aux marchés internationaux.

Pour Gandi Mole, l’avenir du cacao africain devra passer par une montée en gamme progressive.

« L’Afrique ne doit pas seulement produire du cacao. Elle doit progressivement construire des chaînes de valeur plus modernes, renforcer la transformation locale et développer une image premium capable de valoriser davantage ses productions », souligne-t-il.

Alors que les règles du commerce mondial évoluent rapidement, les pays capables d’anticiper cette transformation prendront une avance décisive dans les prochaines années.

Pour la RDC, le cacao représente aujourd’hui bien plus qu’une simple culture agricole.

Il pourrait devenir l’un des piliers d’une nouvelle génération d’exportations agricoles durables, compétitives et tournées vers les standards internationaux.

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