Le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo s’invite au cœur de l’Église du Christ au Congo (ECC). Réunis à Kinshasa en session extraordinaire du 4 au 6 juin, les membres du Comité exécutif national de cette importante confession religieuse examinent notamment la question de la réforme constitutionnelle, devenue l’un des principaux sujets de discussion du pays. Sollicitée par ses communautés, ses fidèles ainsi que plusieurs organisations nationales et internationales, l’ECC entend définir une position officielle sur cette question tout en appelant les Congolais à préserver l’unité nationale et à poursuivre la mobilisation contre l’agression dans l’Est du pays.
La question de la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo figure au centre des travaux de la 66e session extraordinaire du Comité exécutif national de l’Église du Christ au Congo (ECC), ouverte jeudi à la Cathédrale du Centenaire protestant à Kinshasa.
Organisées du 4 au 6 juin sous le thème « Le règne de Dieu : un règne de paix et d’unité », ces assises réunissent les responsables de cette confession religieuse dans un contexte marqué par d’importants défis politiques, sécuritaires et sanitaires auxquels le pays est confronté.
Selon les responsables de l’ECC, cette session a été convoquée afin de permettre à l’Église de se prononcer officiellement sur plusieurs questions d’actualité, au premier rang desquelles figure le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution.
« La Présidence nationale de l’ECC, qui est aussi un organe, a été approchée par des organisations nationales et internationales, par des communautés membres de l’ECC, mais aussi par des membres de cette Église, sur un sujet d’actualité en rapport avec la révision ou le changement de la Constitution. Voilà pourquoi cette session a été convoquée pour donner la position officielle de l’ECC sur ce sujet », a déclaré le révérend Moïse Gbema, directeur de cabinet du président national de l’ECC.
Il a expliqué que cette initiative s’inscrit dans le respect des textes fondamentaux de l’Église, qui prévoient la tenue de sessions extraordinaires lorsque l’actualité nationale l’exige.
« Les textes de l’ECC veulent que les organes se réunissent régulièrement. Le tout premier organe est le Synode national qui se réunit tous les trois ans. Le deuxième organe est le Comité exécutif national qui se réunit chaque année en session ordinaire. Mais chaque fois qu’il y a nécessité, l’article 19 prévoit que le Comité exécutif national se réunisse en session extraordinaire. C’est le cas de cette soixante-sixième session », a-t-il précisé.
Un appel à l’unité nationale et à la défense du pays
Au-delà des questions institutionnelles, les participants ont été invités à renforcer leur engagement en faveur de la paix, de la cohésion nationale et de la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.
Lors du culte inaugural, les responsables ecclésiastiques ont exhorté les fidèles et l’ensemble des forces vives du pays à demeurer solidaires face aux défis sécuritaires persistants dans l’Est de la RDC.
« Ainsi, nous devons être du côté des opprimés, du côté des souffrants et des sans-voix. L’ECC, à travers son Comité exécutif national, devra encourager les acteurs politiques et tous les Congolais à continuer la lutte contre l’agression du pays dans sa partie orientale », a déclaré Mgr Seblon Mpereboye, pasteur permanent de la Cathédrale du Centenaire et aumônier national des universités.
Cette exhortation intervient alors que plusieurs provinces de l’Est demeurent confrontées à l’insécurité liée aux activités des groupes armés et aux tensions régionales.
Des préoccupations sanitaires également à l’ordre du jour
Les travaux se déroulent également dans un contexte sanitaire préoccupant marqué par la résurgence de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo dans certaines provinces de l’Est du pays, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Les participants devraient ainsi examiner les implications sociales et humanitaires de cette nouvelle épidémie qui constitue la dix-septième flambée d’Ebola enregistrée en RDC.
Selon les organisateurs, les réflexions porteront sur le rôle que peuvent jouer les communautés religieuses dans la sensibilisation des populations et l’accompagnement des efforts de riposte engagés par les autorités sanitaires.
Une déclaration attendue dimanche
Les assises seront clôturées dimanche par l’adoption d’une déclaration finale qui devrait présenter la position officielle de l’Église du Christ au Congo sur les principales questions examinées au cours des travaux.
Cette déclaration est particulièrement attendue sur le dossier de la réforme constitutionnelle, sujet qui suscite depuis plusieurs mois un vif débat au sein de la classe politique et de l’opinion publique congolaises.
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