La veille du sit-in annoncé devant le Palais du peuple par la coalition C64 pour dénoncer toute perspective de révision ou de changement de la Constitution, le président honoraire Joseph Kabila a lui aussi affiché son opposition à cette démarche. Dans une déclaration publique, il a appelé les Congolais à soutenir et à participer aux initiatives portées par les forces politiques et sociales engagées, selon lui, dans la défense de la Constitution et des acquis démocratiques. Cette prise de position ne manque pas de susciter des interrogations au regard du parcours politique de l’ancien chef de l’État. Plusieurs observateurs rappellent en effet que son pouvoir avait lui-même été confronté à de vives contestations lorsqu’étaient évoquées des réformes institutionnelles perçues comme susceptibles de modifier l’équilibre constitutionnel. Entre 2007 et 2015, l’UDPS et une large partie de l’opposition avaient multiplié les mobilisations contre diverses initiatives attribuées au régime de l’époque, notamment la tentative de faire accéder Joseph Kabila à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature, les débats autour d’un éventuel allongement du mandat présidentiel, le projet de modification du mode d’élection du chef de l’État ainsi que la volonté de lier l’organisation des élections au recensement général de la population. Si ces projets n’avaient finalement pas abouti dans leur forme initiale sous la pression politique et populaire, le pouvoir de Joseph Kabila était néanmoins parvenu à faire adopter la révision constitutionnelle du 20 janvier 2011, laquelle avait supprimé le second tour de l’élection présidentielle et réduit certaines prérogatives des provinces. Dès lors, pour ses détracteurs, voir aujourd’hui l’ancien président se poser en gardien intransigeant de l’intangibilité constitutionnelle relève d’un paradoxe politique que ses adversaires ne manquent pas de souligner.
« A beau mentir qui vient de loin ». Ce dicton, répertorié dès le XVIIe siècle, ne rime pas avec l’ancien président de la République Joseph Kabila, que les Congolais connaissent dans les moindres détails après dix-huit ans de règne sans partage et dont ils n’ignorent pas les accointances et la complicité avec les forces négatives, en l’occurrence le Rwanda et ses rébellions à répétition, qui mettent à mal la RDC depuis trente-deux ans.
Dans un message signé et publié le 11 juin, la veille du sit-in projeté devant le Palais du Peuple par la C64 en rapport avec une éventuelle révision ou un changement de la Constitution, le président honoraire Joseph Kabila a trempé sa plume dans le vitriol. Il a, après avoir observé que le Congo est gouverné de manière arrogante, liberticide, prédatrice et profondément discriminatoire à l’égard de plusieurs catégories de citoyens congolais, marqué sa ferme opposition à ce projet de changement de la Constitution.
Il le juge attentatoire au contrat social et en appelle à un sursaut national ainsi qu’à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation, sans distinction d’origine, de province, de religion, de langue, de condition sociale ou d’appartenance politique.
Sur la même lancée, il a exhorté les Congolais à soutenir massivement toutes les initiatives et à participer activement à toutes les actions, annoncées ou à venir, par les forces politiques et sociales engagées dans la défense de la Constitution et d’autres acquis démocratiques, fruit inaliénable d’énormes sacrifices consentis par les Congolais durant des années.
Et de convier chaque famille, chaque avenue, chaque quartier, chaque village et chaque ville de la RDC à devenir un mirador pour la détection précoce et la dénonciation des atteintes aux li

