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6 juillet, 2026 - 18:44:20
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Après avoir apaisé le climat avec la coalition C64, Daniel Bumba prévient : « Tout acte portant les germes de la subversion est prohibé »

Entre dialogue politique et fermeté sécuritaire, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, imprime sa méthode dans la gestion des tensions autour des manifestations de l’opposition. En recevant successivement la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) puis les représentants de la coalition C64, il a réaffirmé son attachement au débat démocratique, au droit de manifester et au respect des libertés publiques, tout en accompagnant la mission d’enquête indépendante ouverte sur les incidents du 12 juin. Mais le ton s’est durci au lendemain de la réunion sécuritaire présidée par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Si les organisateurs ont annoncé le report de leur mobilisation du 8 au 22 juillet, l’autorité provinciale a rappelé que ce changement de calendrier ne modifiait en rien les exigences de l’État en matière d’ordre public. « Tout acte qui porte les germes de la subversion est prohibé. Les forces de défense et de sécurité seront là pour préserver la quiétude dans la ville de Kinshasa », a averti Daniel Bumba, réaffirmant une ligne de conduite fondée à la fois sur le dialogue et l’autorité de la loi.

En l’espace de deux jours, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a voulu installer une ligne de conduite claire dans la gestion des tensions politiques : préserver le dialogue sans transiger sur le respect de l’ordre public.

Cette démarche s’est matérialisée vendredi à l’Hôtel de Ville, où il a reçu successivement la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et une délégation des partis politiques de l’opposition regroupés au sein de la coalition C64.

Face à ses interlocuteurs, le gouverneur a réaffirmé son attachement aux principes démocratiques, au droit de manifester et au respect des libertés publiques, tout en rappelant que l’exercice de ces droits doit s’inscrire dans le strict respect des lois de la République.

Avec les représentants de C64, les échanges se sont déroulés dans un climat qualifié d’apaisé. Les deux parties ont choisi de ne pas aborder le fond de la manifestation projetée par l’opposition, préférant poursuivre les discussions à une date ultérieure. La délégation a également informé l’autorité urbaine du déplacement de plusieurs de ses leaders dans un pays africain dans le cadre de consultations politiques.

Une enquête indépendante sur les incidents du 12 juin

La première séance de travail de la journée a réuni Daniel Bumba Lubaki et la délégation de la CNDH conduite par son président, Paul Nsapu.

Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la mission d’enquête ouverte le 15 juin afin d’établir les circonstances des incidents enregistrés lors de la manifestation de l’opposition du 12 juin à Kinshasa.

« Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une mission d’enquête ouverte depuis le 15 juin 2026. Cette mission vise la publication prochaine d’un rapport indépendant sur la manifestation organisée par l’opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa », a déclaré Paul Nsapu.

Au cours des échanges, le gouverneur est revenu sur les dispositions prises par l’Hôtel de Ville pour permettre la tenue de cette manifestation. Il a rappelé que le terrain Assossa avait été proposé à partir de 13 heures afin de concilier l’exercice du droit de manifester avec l’inviolabilité du Parlement ainsi que le bon déroulement des épreuves des examens d’État.

Daniel Bumba a toutefois regretté que la manifestation ait dégénéré en « actes de provocation », en destructions de biens appartenant à des paisibles citoyens et en messages diffusés sur les réseaux sociaux faisant « l’apologie de la violence ».

À l’issue de la rencontre, Paul Nsapu a salué la disponibilité du gouverneur au dialogue, le qualifiant « d’homme ouvert au débat démocratique », avant d’annoncer la publication du rapport de la CNDH dans les prochains jours.

Le directeur provincial de l’Agence nationale de renseignements (ANR), le commandant de la Police ville de Kinshasa et le commandant de la Légion nationale d’intervention (LENI) ont également participé à cette séance de travail.

Daniel Bumba durcit le ton

Si les consultations de vendredi ont illustré la volonté de privilégier les échanges institutionnels, le discours du gouverneur s’est fait beaucoup plus ferme au lendemain de la réunion sécuritaire présidée par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.

À l’issue de cette réunion, Daniel Bumba a pris acte du report de la manifestation annoncée par l’opposition du 8 au 22 juillet, tout en soulignant que ce changement de calendrier ne remettait nullement en cause les obligations imposées par les lois de la République.

« Nous avons d’abord pris acte du report de l’activité prévue pour la date du 8 juillet, qui est portée au 22 juillet. Mais nous tenons à souligner que le vivre-ensemble que nous prônons tous dans le respect des valeurs démocratiques et républicaines nous pousse à être responsables de nos actes », a-t-il déclaré.

Le gouverneur a ensuite lancé une mise en garde sans ambiguïté.

« Tout acte portant les germes de la subversion est prohibé. Les forces de défense et de sécurité seront là pour préserver la quiétude dans la ville de Kinshasa », a-t-il averti.

Pour l’autorité provinciale, le report de la manifestation ne saurait être interprété comme un relâchement de la vigilance des services de sécurité, appelés à garantir l’ordre public tout en assurant le respect des libertés garanties par la Constitution.

Les leaders de C64 à Bujumbura

Cette séquence intervient alors que plusieurs responsables politiques et religieux congolais ont rejoint Bujumbura, au Burundi, pour participer aux consultations initiées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine.

Le président de l’Église du Christ au Congo (ECC), le pasteur André Bokundoa, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nshole, ainsi que l’archevêque Ejiba Yamapia y ont retrouvé les membres du présidium de C64, notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, ainsi que des représentants de Moïse Katumbi et d’Augustin Matata Ponyo.

Sauf changement de programme, ces consultations doivent se poursuivre ce lundi 6 juillet autour du président burundais, dans le cadre des efforts visant à favoriser une issue à la crise politique en République démocratique du Congo.

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