L’internet mobile confirme son rôle de principal moteur du marché congolais des télécommunications. Dans son rapport du premier trimestre 2026, l’Observatoire national de la téléphonie mobile de l’ARPTC met en évidence une progression des abonnements data et du mobile money, tandis que les services de voix et de SMS poursuivent leur repli sous l’effet des nouveaux usages numériques et des applications de messagerie.
Le marché congolais des télécommunications poursuit sa mutation vers le numérique. Au premier trimestre 2026, l’internet mobile s’est imposé comme le principal levier de croissance du secteur, tandis que les services traditionnels de voix et de SMS ont continué de perdre du terrain, selon le rapport de l’Observatoire national de la téléphonie mobile de l’Autorité de régulation de la Poste et des télécommunications du Congo (ARPTC).
L’étude montre que les habitudes de consommation des utilisateurs évoluent rapidement au profit des services numériques, une tendance accentuée par les usages observés durant les fêtes de fin d’année.
« Comparé au premier trimestre 2025, le T1 2026 confirme un basculement structurel : la data s’impose comme le moteur central du marché, tandis que la voix et les SMS poursuivent leur déclin, pris en étau entre les usages OTT et les nouvelles habitudes digitales », souligne le rapport.
La data résiste à l’effet saisonnier
L’ARPTC relève que neuf des seize principaux indicateurs du secteur étaient orientés à la baisse à la fin du mois de mars. Cette évolution ne traduit toutefois pas un ralentissement du marché, mais plutôt une modification des comportements des consommateurs.
Selon le régulateur, les Congolais privilégient désormais les applications de messagerie pour échanger vœux, photos et vidéos, réduisant ainsi le recours aux appels téléphoniques et aux SMS. Cette évolution maintient un niveau élevé de consommation de données mobiles durant les premiers mois de l’année, alors que les revenus issus des services traditionnels diminuent davantage qu’en 2025.
« Le marché n’est donc pas en perte de vitesse : il change de rythme », résume le rapport.
Près de 900 000 nouveaux abonnés à l’internet mobile
À contre-courant des services classiques, l’internet mobile poursuit sa progression. Le nombre de souscriptions a augmenté de près de 3 % au cours du trimestre, avec 894 375 nouveaux abonnés.
Cette croissance, jugée solide par l’ARPTC, demeure légèrement inférieure à celle enregistrée au trimestre précédent, traduisant l’entrée progressive du marché dans une phase de maturité après plusieurs années d’expansion rapide.
À la fin du premier trimestre 2026, le pays comptait 74,9 millions d’abonnements actifs, soit une progression de 1,41 % par rapport au quatrième trimestre 2025. Le taux de pénétration s’établit à 66,8 %, contre 65,9 % trois mois plus tôt.
Le mobile money gagne du terrain
Le rapport identifie également le mobile money comme le nouveau moteur de croissance du secteur. L’essor de la bancarisation numérique, des transferts interopérateurs et des paiements marchands permet à cette activité de compenser progressivement le recul des revenus générés par la voix et les SMS.
« Nous avons un marché en croissance… mais plus complexe. Si la croissance globale se maintient, elle est désormais tirée par des usages plus sophistiqués, plus volatils et plus sensibles aux cycles saisonniers », observe l’ARPTC.
Pour le régulateur, les opérateurs évoluent désormais dans un environnement plus concurrentiel, fortement dépendant des services numériques et marqué par une saisonnalité de plus en plus prononcée. Cette évolution confirme, selon le rapport, l’entrée de la RDC dans une phase de généralisation des usages numériques, obligeant les entreprises du secteur à adapter leurs modèles économiques aux nouvelles attentes des consommateurs.
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