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22 août, 2026 - 03:31:52
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El Niño : la RDC sous la menace de pluies exceptionnelles dès septembre

À quelques semaines d’un épisode d’El Niño annoncé comme exceptionnel, l’ingénieur géospatial Jean-Robert Bwangoy sonne l’alerte. Face aux risques de pluies diluviennes et d’inondations attendues dès septembre en République démocratique du Congo, le scientifique exhorte les autorités à accélérer les mesures de prévention, notamment le curage des rivières, la lutte contre l’érosion et la protection des populations installées dans les zones à risque.

Kinshasa s’apprête à entrer dans une période de vigilance climatique accrue. L’ingénieur géospatial Jean-Robert Bwangoy a averti, mercredi, que la République démocratique du Congo (RDC) pourrait subir, dès septembre prochain, les effets d’un épisode d’El Niño d’une intensité exceptionnelle, susceptible d’engendrer des pluies abondantes et des inondations dans plusieurs provinces, particulièrement à Kinshasa.

Interrogé par l’ACP, le scientifique a indiqué que ce phénomène climatique, provoqué par le réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique, devrait produire des effets jusqu’en juin 2027.

« La RDC doit se préparer à subir l’impact d’un phénomène El Niño d’une intensité exceptionnelle à partir de septembre prochain, avec des répercussions prévues jusqu’en juin 2027 », a déclaré Jean-Robert Bwangoy.

Selon lui, ce dérèglement climatique pourrait profondément modifier le régime des précipitations sur le bassin du Congo, augmentant le risque d’inondations, de glissements de terrain et de dégâts importants sur les infrastructures publiques ainsi que sur les habitations.

Prévenir avant les premières pluies

Face à cette menace, l’ingénieur géospatial plaide pour une stratégie d’anticipation reposant sur des interventions immédiates des pouvoirs publics et une vigilance renforcée des populations vivant dans les zones inondables.

Il recommande aux riverains des cours d’eau de se préparer à des évacuations préventives dès les premiers épisodes de pluies torrentielles afin de réduire les pertes en vies humaines.

« Les riverains habitant le long des cours d’eau doivent faire preuve d’une vigilance accrue. Des évacuations préventives sont nécessaires dès l’apparition de pluies nocturnes torrentielles afin d’éviter des pertes en vies humaines », a-t-il insisté.

À plus long terme, le scientifique estime que le dégagement définitif des berges occupées constitue l’une des réponses durables à la répétition des catastrophes hydrologiques.

Curage des rivières et lutte contre l’érosion

Jean-Robert Bwangoy appelle également l’État à accélérer le curage des principaux cours d’eau traversant Kinshasa afin de faciliter l’écoulement des eaux de pluie. Il cite notamment les rivières Makelele, Gombe, Kalamu, Nsaba, Matete, Ndjili et Nswenge, dont l’entretien est, selon lui, indispensable avant le retour des fortes précipitations.

Le géospatialiste recommande aussi d’intensifier les travaux de stabilisation des têtes d’érosion dans les quartiers bâtis sur des terrains sablonneux, particulièrement exposés aux ravinements.
À ses yeux, tout retard dans ces chantiers pourrait favoriser la réactivation des ravins et amplifier les dégâts matériels lors de la prochaine saison pluvieuse.

« La situation exige une coordination urgente des services de la protection civile et des travaux publics afin d’atténuer l’impact humain et matériel de cette vague climatique à venir », a souligné l’expert.

Au-delà des travaux d’urgence, Jean-Robert Bwangoy estime qu’une meilleure planification urbaine, le respect des zones non constructibles et une sensibilisation accrue des populations contribueront à renforcer la résilience des villes congolaises face aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Pour rappel, El Niño est un phénomène climatique naturel caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique équatorial. Il perturbe les régimes météorologiques à l’échelle mondiale et peut provoquer, selon les régions, des sécheresses prolongées ou des précipitations extrêmes. En République démocratique du Congo, les fortes pluies enregistrées ces dernières années ont causé des inondations meurtrières, des glissements de terrain, la destruction d’infrastructures et d’importants déplacements de populations, particulièrement à Kinshasa, où l’urbanisation rapide et l’occupation des zones à risque accentuent la vulnérabilité aux aléas climatiques.

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