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26 juillet, 2026 - 07:27:23
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Ebola : Judith Suminwa en mission de terrain pour adapter la riposte aux réalités locales

Face à l’accélération de la 17ᵉ épidémie d’Ebola, le Gouvernement congolais hausse le niveau de sa réponse. En mission de haut niveau à Kisangani avant de poursuivre vers Bunia, Mungwalu et Rwampara, la Première ministre Judith Suminwa a réaffirmé le leadership de l’État, annoncé la mise en service imminente d’un laboratoire de diagnostic, confirmé le décaissement de 50 millions de dollars pour la riposte nationale et fait le point sur l’évolution de l’épidémie. Accompagnée des États-Unis, des agences des Nations unies, d’Africa CDC et des principaux partenaires techniques, la Cheffe du Gouvernement a assuré que les opérations de riposte progressent, tout en appelant à une mobilisation renforcée pour contenir la propagation de la souche Bundibugyo dans les provinces affectées.

La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a lancé jeudi à Kisangani une mission conjointe de haut niveau consacrée au renforcement de la riposte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola. Cette mission, qui se poursuivra à Bunia, Mungwalu et Rwampara, dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, réunit les autorités congolaises, les États-Unis, les agences du système des Nations unies, Africa CDC ainsi que les principaux partenaires techniques et financiers engagés dans la lutte contre cette urgence sanitaire.

Selon la Primature, cette mission vise à réaffirmer le leadership du Gouvernement dans la coordination de la riposte, à renforcer la synergie avec les partenaires internationaux et à permettre aux décideurs d’apprécier les réalités du terrain afin d’adapter les interventions de prévention, de surveillance épidémiologique et de prise en charge des populations affectées.

Dès son arrivée à Kisangani, la Cheffe du Gouvernement a multiplié les annonces, tant sur le plan sanitaire que financier, tout en se voulant rassurante sur l’évolution des opérations conduites par les équipes de riposte.

Une riposte jugée efficace malgré la progression de l’épidémie

Répondant aux préoccupations sur l’évolution de la maladie, Judith Suminwa a rejeté l’idée d’un ralentissement des opérations de riposte dans la province de la Tshopo.

« Dire que la riposte piétine, je pense que vous n’avez pas la bonne information. Au contraire, nous avons enregistré cinq cas importés d’Ebola ici dans la Tshopo, et les équipes de riposte ont déjà retracé pratiquement tous les cas contacts qui sont actuellement suivis », a déclaré la Première ministre lors d’un point de presse.

Cette déclaration intervient alors que les autorités sanitaires intensifient les activités de recherche des contacts, de surveillance communautaire et d’isolement des cas afin de limiter la propagation de la souche Bundibugyo vers de nouvelles zones.

La Cheffe du Gouvernement a également annoncé un renforcement substantiel des moyens financiers destinés à la lutte contre Ebola.

« Le Gouvernement a débloqué 50 millions de dollars pour l’ensemble de la riposte sur l’ensemble du pays. Les partenaires aussi ont mobilisé plus ou moins un milliard de dollars aujourd’hui », a affirmé Judith Suminwa.

Ces ressources devront permettre de consolider les capacités opérationnelles des équipes déployées dans les provinces touchées, notamment en matière de surveillance, de traitement des patients, de logistique, de communication des risques et d’appui aux structures sanitaires.

La mission de haut niveau entend également améliorer la coordination entre les autorités nationales, les partenaires internationaux et les acteurs locaux afin d’assurer une réponse plus rapide et mieux adaptée aux réalités de terrain.

Un laboratoire de diagnostic opérationnel à Kisangani dans une semaine

Parmi les principales annonces figure l’ouverture imminente d’un laboratoire de diagnostic de la maladie à virus Ebola à Kisangani.

« Le laboratoire sera opérationnel d’ici une semaine. Toutes les analyses des cas Ebola pourront désormais être réalisées à Kisangani, sans être envoyées à Kinshasa, à l’Institut national de recherches biomédicales », a indiqué Judith Suminwa.

Elle a précisé que cette infrastructure est pratiquement achevée et déjà équipée.
L’installation de ce laboratoire constitue une avancée importante dans la stratégie nationale, puisqu’elle permettra de réduire considérablement les délais de confirmation des cas suspects, d’accélérer la prise en charge des malades et de renforcer la surveillance épidémiologique dans le nord-est du pays.

La Première ministre a également fait le point sur les recherches scientifiques menées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) afin de développer un vaccin préventif et un traitement contre la souche Bundibugyo du virus Ebola.

« Des recherches sont en cours en République démocratique du Congo pour mettre au point un vaccin préventif et un traitement contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. Nous espérons obtenir des résultats encourageants dans les prochains jours », a déclaré Judith Suminwa.

Elle a souligné le rôle central des scientifiques congolais dans ces travaux, rappelant que l’INRB demeure l’institution de référence en matière de recherche sur les maladies infectieuses en République démocratique du Congo.

Plus de 2.400 cas confirmés et 960 décès

Présentant l’évolution de la situation épidémiologique, la Première ministre a indiqué que la maladie continue de progresser dans les cinq provinces affectées.

« À ce jour, la République démocratique du Congo compte plus de 2.400 cas confirmés de maladie à virus Ebola, 960 décès et plus de 130 personnes guéries », a-t-elle déclaré.

Ces chiffres illustrent l’ampleur de cette dix-septième épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo, particulièrement complexe en raison de l’absence, à ce stade, d’un vaccin homologué spécifiquement contre cette variante.

Après l’étape de Kisangani, la délégation gouvernementale est attendue à Bunia, avant de poursuivre sa mission à Mungwalu et Rwampara, dans la province de l’Ituri.

À Bunia, plusieurs calicots et affiches annonçant la visite officielle ont été installés dans les principales artères de la ville. À l’aéroport national, le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Mulumba, les autorités provinciales ainsi que plusieurs représentants des organisations sociopolitiques se sont mobilisés pour accueillir la Première ministre.

Cette étape permettra aux autorités nationales et aux partenaires internationaux d’évaluer directement les besoins des structures sanitaires, de rencontrer les équipes de première ligne et d’adapter les interventions en fonction des réalités observées sur le terrain.

Au-delà des annonces financières et scientifiques, cette mission traduit la volonté du Gouvernement congolais de maintenir une présence politique forte auprès des populations affectées et de renforcer la confiance dans les dispositifs de riposte, alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la propagation de l’épidémie.

Déclarée à la mi-mai 2026, la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo est causée par la souche Bundibugyo. Elle touche principalement les provinces de l’Ituri, de la Tshopo, du Haut-Uélé ainsi que d’autres zones du nord-est du pays. Contrairement à la souche Zaïre, cette variante ne dispose pas encore d’un vaccin homologué, ce qui renforce l’importance des mesures de surveillance, de recherche des contacts, de prise en charge rapide des patients et des travaux scientifiques conduits par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), avec l’appui des partenaires internationaux.

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