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26 août, 2026 - 05:17:55
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Edito | Génocost : la mémoire, un acte de souveraineté

Pendant longtemps, le Congo a compté ses morts dans le silence. Il les a pleurés sans toujours pouvoir les nommer. Il les a enterrés sans que leur histoire n’occupe la place qu’elle mérite dans la conscience nationale. Ce temps doit appartenir au passé.

En consacrant une journée nationale à la mémoire des millions de victimes des massacres et des violences commises durant des décennies, la RDC affirme qu’aucune nation ne peut bâtir son avenir sur l’effacement de son histoire.

Cette démarche mérite d’être soutenue.

Elle ne relève ni de la vengeance ni de l’instrumentalisation. Elle répond à une exigence universelle : reconnaître les victimes, établir les faits, combattre l’impunité et transmettre la mémoire aux générations futures. Toutes les grandes nations confrontées à des tragédies collectives ont compris cette évidence. Le Congo ne fait pas exception.

Les initiatives engagées ces dernières années traduisent cette volonté. Création du Fonarev. Mise en place de la Ciavar. Introduction du narratif du Génocost dans les programmes scolaires. Plaidoyer diplomatique pour une reconnaissance internationale. Ces actions dessinent une politique publique de la mémoire. Elles doivent désormais produire des résultats concrets.

Car la mémoire ne suffit pas.

Elle doit ouvrir la voie à la justice. Aux réparations. À la recherche de la vérité. À la protection des survivants. Elle doit aussi renforcer l’unité nationale, loin des clivages politiques. Les victimes n’appartiennent à aucun camp. Elles appartiennent à toute la République.

La communauté internationale a également une responsabilité. Les rapports, les enquêtes et les résolutions ne peuvent rester des archives. Les crimes documentés appellent des réponses crédibles. L’impunité nourrit toujours la répétition des violences.

Le thème retenu cette année : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? » interpelle chacun. Il vise les institutions. Il s’adresse aux partenaires internationaux. Il concerne aussi chaque Congolais. Car préserver la mémoire est un devoir collectif.

Le Génocost ne doit jamais devenir un rituel vidé de son sens. Il doit rester une conscience en mouvement. Une force qui pousse la nation à défendre la dignité humaine, à protéger les plus vulnérables et à empêcher que les tragédies d’hier continuent de se produire aujourd’hui.

Un peuple qui assume son histoire se donne les moyens de maîtriser son destin. Le Congo semble avoir fait ce choix. Il lui appartient désormais de le poursuivre avec constance, rigueur et courage.

Pitshou Mulumba

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