La commémoration du Genocost, célébrée chaque 2 août en République démocratique du Congo en mémoire des millions de victimes des conflits liés à la prédation des ressources naturelles, relance le débat sur la responsabilité de la communauté internationale face aux enjeux de la transition énergétique. Dans une tribune intitulée « La sécurité des minerais critiques passe par le Congo », le géostratège Eric Kamba, analyste en relations internationales et chercheur spécialisé dans la gouvernance, la géopolitique des ressources naturelles et les enjeux stratégiques de la région des Grands Lacs africains, soutient que la sécurité des chaînes mondiales d’approvisionnement ne peut être dissociée de la stabilité de la RDC. Tout en saluant les efforts diplomatiques, institutionnels et économiques engagés par Kinshasa, il appelle les grandes puissances, les investisseurs et les industriels à faire de la paix, de la souveraineté et du développement du Congo un impératif stratégique autant qu’économique.
Chaque 2 août, la République démocratique du Congo s’arrête. Elle se souvient. Elle honore les millions de victimes du Genocost. Derrière cette commémoration se cache une question que le monde ne peut plus éluder : combien de vies faudra-t-il encore sacrifier pour alimenter la transition énergétique mondiale ? Dans sa tribune intitulée « La sécurité des minerais critiques passe par le Congo », le géostratège Eric Kamba apporte une réponse sans détour : la sécurité des chaînes d’approvisionnement mondiales commence par la paix et la stabilité en République démocratique du Congo.
Le Genocost n’est pas seulement une page douloureuse de l’histoire congolaise. Il est le miroir d’un paradoxe mondial. Les mêmes terres qui portent les cicatrices de la guerre fournissent aujourd’hui les minerais indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux centres de données, à l’intelligence artificielle et aux industries de défense. Le contraste est saisissant.
Le monde célèbre l’économie verte. Le Congo continue de compter ses morts. Cette contradiction ne peut plus être considérée comme une fatalité. Elle appelle une réponse politique.
Depuis plusieurs années, la République démocratique du Congo s’efforce de transformer cette histoire. Elle renforce sa diplomatie. Elle modernise progressivement sa gouvernance minière. Elle noue de nouveaux partenariats stratégiques avec les États-Unis, l’Union européenne, les pays du Golfe et plusieurs puissances asiatiques. Elle défend une ambition claire : ne plus être uniquement un fournisseur de minerais, mais devenir un partenaire stratégique de la transition énergétique mondiale. Ces efforts, souligne Eric Kamba, méritent d’être reconnus et davantage soutenus par la communauté internationale.
Car la sécurité des minerais critiques ne dépend plus uniquement de la richesse du sous-sol. Elle dépend de la stabilité des institutions, de la sécurité des populations, de la transparence des filières et de la capacité de l’État à exercer pleinement sa souveraineté. C’est précisément là que le Genocost prend toute sa portée.
Cette journée de mémoire rappelle que les conflits de l’Est ne constituent pas une crise périphérique. Ils affectent directement la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales. Une mine située dans une région instable fragilise les investissements. Les trafics prospèrent. Les coûts augmentent. La traçabilité devient plus complexe. Les marchés eux-mêmes deviennent plus vulnérables.
Il n’existe donc pas d’opposition entre sécurité humaine et sécurité économique. L’une conditionne l’autre.
Les partenaires internationaux ont désormais une responsabilité qui dépasse les seuls contrats miniers. Soutenir la paix dans l’Est du Congo, renforcer les institutions nationales, accompagner la lutte contre les trafics et investir dans la transformation locale des minerais ne relèvent pas uniquement de la solidarité. Il s’agit, selon Eric Kamba, d’un choix stratégique dicté autant par les impératifs de sécurité économique que par ceux de la stabilité régionale.
Le Genocost

