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18 août, 2026 - 00:06:46
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Nord-Kivu : les survivants des massacres appellent à une réponse concrète de l’État

À travers une cérémonie de commémoration organisée à Beni, en province du Nord-Kivu, le Collectif des victimes de l’agression rwandaise (CVAR-ONGDH) a rendu hommage aux victimes des violences armées tout en alertant sur la situation des survivants. L’organisation appelle les autorités à poursuivre les auteurs des crimes, renforcer la sécurité et mettre en place des mécanismes d’accompagnement pour les personnes affectées par les conflits.

La mémoire des victimes des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo a été au cœur d’une cérémonie organisée samedi 15 août 2026 par le Collectif des victimes de l’agression rwandaise (CVAR-ONGDH). L’activité, tenue sous la tente d’Espérance de l’Université chrétienne bilingue du Congo (UCBC), a réuni des autorités locales, des survivants ainsi que plusieurs acteurs de la société civile.

À travers cette commémoration, le collectif a voulu rendre hommage aux personnes tuées dans les massacres et exactions, tout en portant la voix des survivants auprès des institutions. Le CVAR a notamment appelé la justice congolaise à poursuivre les auteurs présumés des crimes commis contre les populations civiles et à mettre fin à l’impunité considérée comme l’un des facteurs favorisant la persistance des violences.

Le président de l’organisation, Innocent Rugero, a insisté sur la situation difficile que traversent plusieurs victimes, notamment celles qui vivent avec des handicaps causés par les attaques. Il a sollicité un engagement accru de l’État et de ses partenaires pour leur assurer un accompagnement social et économique adapté.

« Nous demandons que justice soit rendue et que les survivants bénéficient d’un véritable soutien », a-t-il déclaré, appelant à des actions concrètes en faveur de ces personnes fragilisées.

Des survivants toujours marqués par les séquelles des violences

Parmi les témoignages livrés lors de la cérémonie, celui de Muhindo Changu John a particulièrement retenu l’attention. Cet ancien commerçant et agriculteur a raconté avoir été atteint par plusieurs balles lors d’affrontements armés, avant de passer près de deux ans dans un établissement hospitalier.

Aujourd’hui handicapé, il plaide pour la mise en place d’activités génératrices de revenus destinées aux victimes et demande l’identification des fosses communes afin d’offrir aux familles des espaces de mémoire et de recueillement.

La cérémonie s’est poursuivie par un dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes de cinq membres de la communauté pygmée tués lors d’une attaque attribuée aux ADF à Ngadi, le 30 mai dernier.

À cette occasion, le Mwami Atchou Taibo Alphonse, chef du village Bapakombe Bakondo, a appelé la population à rester vigilante et mobilisée face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la région.

Un appel à la réparation et au retour des déplacés

Pour le CVAR, cette rencontre dépasse le simple devoir de mémoire. Elle constitue également un plaidoyer en faveur de la justice, de la réparation et de l’amélioration des conditions de vie des survivants.

L’organisation invite ainsi les autorités à renforcer les mesures sécuritaires et à favoriser le retour des personnes déplacées, avec l’accompagnement du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), partenaire de cette activité.

Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

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