88.36 F
Kinshasa
29 août, 2026 - 18:36:02
Image default
Flash InfosLa unePolitiqueSociété

An 1 Suminwa II : Marc Ekila engage la formation professionnelle dans les 145 territoires

À l’an 1 du gouvernement Suminwa II, Marc Ekila Likombo veut donner à la formation professionnelle une portée nationale, jusqu’au cœur des 145 territoires. Le ministre met en avant l’élaboration d’une politique nationale décennale destinée à identifier, territoire par territoire, les métiers et compétences nécessaires au développement local, avec à la clé un programme de construction de centres publics. À ce chantier structurant s’ajoutent la formation de plus de 7 000 dépendants de militaires et policiers, l’accompagnement de 800 jeunes vers l’entrepreneuriat et un dispositif de certification des compétences. De l’apprentissage aux métiers miniers, portuaires, numériques et verts, le pari affiché est de rapprocher la formation des besoins réels de l’économie et de faire de la qualification de la main-d’œuvre un levier du développement national.

Près de dix ans après son autonomisation du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, la Formation professionnelle entend désormais affirmer son rôle dans la transformation du capital humain congolais. Dans le cadre de l’exercice de redevabilité de l’an 1 du gouvernement Suminwa II, le ministre Marc Ekila Likombo a présenté les principales actions conduites sous son mandat.

Pour le ministre, l’enjeu prioritaire reste la qualification de la main-d’œuvre. Il dénonce une situation régulièrement relevée par les employeurs : « La main-d’œuvre congolaise n’est pas qualifiée. Sinon, on parle d’inadéquation entre l’emploi et la formation ». Face à ce constat, il défend une orientation centrée sur la professionnalisation des métiers et l’adéquation entre les compétences enseignées et les besoins économiques.

Une politique nationale sur dix ans

Parmi les acquis mis en avant figure l’élaboration, pour la première fois selon le ministre, d’un document de politique nationale de formation professionnelle couvrant une période de dix ans. Cette stratégie doit structurer les différents segments du secteur et orienter les investissements publics.

L’un des outils associés à cette politique est le répertoire des métiers dans les « 145 territoires de la formation professionnelle ». L’objectif consiste à identifier, territoire par territoire, les compétences nécessaires au développement local et à favoriser le maintien des jeunes dans leurs milieux d’origine.

Cette ambition passe notamment par la construction de centres publics de formation. « L’État doit disposer de ses propres centres. Nous avons donc lancé ce programme de construction des centres à travers toute la République », a expliqué Marc Ekila Likombo.

Des secteurs économiques ciblés

Le secteur minier constitue l’un des principaux défis identifiés par le ministère. Le ministre regrette notamment la présence importante de travailleurs étrangers dans certaines activités et cite des ressortissants sud-africains, zimbabwéens et éthiopiens. À Dilala, dans le Lualaba, le ministère affirme avoir contribué à la mise en place d’un premier centre public moderne.

L’administration entend également reprendre le contrôle de plusieurs centres de formation jusque-là éloignés de sa tutelle. Certains établissements liés à des sociétés minières disposent désormais d’un agrément ministériel, ce qui doit permettre un meilleur suivi de leurs activités et des données relatives aux formations dispensées.

Plus de 7 000 dépendants de militaires et policiers formés

La politique du ministère cible aussi des publics spécifiques. Marc Ekila Likombo indique que plus de 7 000 dépendants de militaires et de policiers ont été formés. Cette initiative répond, selon lui, à une volonté d’accompagner les familles de ceux qui participent à la défense de l’intégrité territoriale du pays.

Parallèlement, quelque 800 jeunes ont bénéficié d’un accompagnement dans l’entrepreneuriat. Pour le ministre, cette expérience doit contribuer à faire évoluer le modèle de formation vers davantage d’insertion et d’accompagnement après l’apprentissage.

Certification et valorisation des compétences

Autre chantier présenté : la certification des compétences acquises en dehors des circuits classiques. Le ministre estime que le problème congolais réside moins dans l’absence de savoir-faire que dans leur reconnaissance officielle.

Le mécanisme de valorisation des acquis de l’expérience permet ainsi à des personnes ayant appris un métier sur le tas de faire reconnaître leurs compétences. Des jurys ont été mis en place avec la participation des organisations d’employeurs, notamment la FEC et l’ANEP. « Plus de 22 000 personnes se sont déjà inscrites pour commencer ce processus », a déclaré Marc Ekila Likombo.

Cap sur les métiers d’avenir

La stratégie comprend enfin la création d’académies et d’écoles technologiques consacrées notamment au numérique, à l’intelligence artificielle, à l’ingénierie, à l’informatique, à la transition écologique et aux métiers verts.

À Matadi, une première cohorte de plus de 40 jeunes, de niveau G3, a été lancée dans une académie consacrée aux métiers portuaires. Pour Marc Ekila Likombo, cette diversification doit permettre à la formation professionnelle de répondre plus directement aux besoins des entreprises et aux mutations de l’économie congolaise.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus