Le Gouvernement congolais engage une démarche structurée pour protéger l’espace informationnel national face à la multiplication des contenus abusifs, des campagnes coordonnées et des mécanismes d’amplification sur les réseaux sociaux et plateformes numériques. Lors de la 97e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 28 août à la Cité de l’Union africaine, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a présenté une série de mesures destinées à faire évoluer la réponse de l’État, d’une logique essentiellement réactive vers une gouvernance permanente de l’espace informationnel. La démarche associe veille, prévention, régulation, coopération avec les plateformes et adaptations du cadre juridique, avec l’implication du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, de la Justice, des ministères sectoriels et des services spécialisés.
Au cours de cette réunion, le ministre de la Communication et des Médias a attiré l’attention du Conseil sur la nécessité d’une stratégie globale de protection de l’intégrité de l’espace informationnel congolais. La réponse de l’État doit prendre en compte le fonctionnement même des campagnes de nuisance, notamment les réseaux coordonnés, les campagnes commanditées et l’amplification algorithmique des contenus.
Selon le compte rendu présenté par lui-même, en sa qualité de porte-parole du Gouvernement, les actions envisagées couvrent le court, le moyen et le long terme. L’objectif consiste à mettre en place des mécanismes permanents de veille et d’orientation afin de mieux anticiper les menaces qui affectent l’espace numérique national.
Une task-force interministérielle pour piloter la réponse
Parmi les recommandations figure la mise en place d’une task-force interministérielle, élargie aux services spécialisés et pilotée par le ministère de la Communication et des Médias. Cette structure est chargée d’opérationnaliser les dispositifs permanents de veille et d’orientation, mais aussi de définir un cadre de coopération, de transparence et de représentation légale des grandes plateformes numériques en République démocratique du Congo.
Cette orientation marque une volonté de mieux coordonner l’action publique face aux contenus considérés comme abusifs, tout en inscrivant la régulation dans un cadre institutionnel impliquant les différentes administrations compétentes.
Prévention et éducation aux médias
Le volet préventif occupe également une place centrale dans le dispositif. Une campagne nationale permanente sur le bon usage des réseaux sociaux est préconisée, accompagnée d’un mécanisme citoyen d’alerte strictement encadré. L’intégration progressive de l’éducation aux médias dans les cursus scolaires figure aussi parmi les pistes avancées.
Le Gouvernement entend ainsi renforcer la capacité des citoyens à identifier les contenus problématiques et à adopter des usages responsables des plateformes numériques. Cette approche préventive complète les mécanismes institutionnels de surveillance et de régulation.
Le Code du numérique comme socle juridique
Un rapport technique et juridique doit par ailleurs déterminer les adaptations réglementaires et législatives nécessaires. Le Code du numérique de 2023 est retenu comme socle des obligations applicables aux plateformes numériques.
Le ministre de la Communication et des Médias a rappelé que ses attributions fondent son rôle d’initiative et de coordination gouvernementale dans cette démarche. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication doit être associé au processus au regard de ses prérogatives en matière de gestion du contenu des médias, aux côtés du ministère de la Justice, des ministères sectoriels et des services spécialisés.
La Justice complète le dispositif
Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux a complété cette présentation en faisant état des initiatives en cours, notamment celles visant à traduire en justice certains auteurs présumés de campagnes massives d’insultes. D’autres démarches sont engagées au niveau international afin d’éviter que les réseaux sociaux servent de vecteurs à la propagation des discours de haine, de diffusions abusives ou d’insultes contraires aux valeurs nationales.
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