95.38 F
Kinshasa
1 septembre, 2026 - 17:45:55
Image default
Flash InfosLa unePolitique

Dialogue national : la BNCFP propose la suppression du Sénat et du poste de Premier ministre

Le dialogue national annoncé par Félix-Antoine Tshisekedi pourrait servir de cadre à une refonte de l’architecture de l’État. Dans sa déclaration politique rendue publique mardi 1er septembre 2026, la Bisoïté Nationale pour un Congo Fort et Prospère (BNCFP) soutient l’initiative présidentielle tout en avançant des propositions institutionnelles majeures. La formation préconise la suppression du Sénat, des assemblées provinciales, des gouvernements provinciaux et du poste de Premier ministre, auquel elle souhaite substituer une vice-présidence chargée des questions économiques, sociales et de développement. Lue par Bobo Ngonda Lingolo Bionic, vice-président chargé de la gestion et des questions politiques, faisant fonction de président ad intérim, la déclaration appelle aussi à une réforme de l’administration territoriale et de l’armée. Le parti veut que le dialogue associe communautés de base, jeunes et femmes afin d’en faire « un acte fondateur » fondé sur « la vérité, la responsabilité et la refondation ».

La BNCFP salue l’annonce faite le 27 août par le Chef de l’État concernant la tenue du dialogue national. Elle estime que Félix-Antoine Tshisekedi a fait « le choix de la Patrie contre les partis » et lui apporte un « soutien total, indéfectible, loyal et républicain ».

Pour cette formation, la concertation ne devrait pas se limiter aux arrangements entre acteurs politiques, mais permettre d’examiner le fonctionnement des institutions et de proposer des changements destinés à renforcer l’efficacité de l’État.

Le Sénat et les assemblées provinciales visés

Au premier rang des réformes figure la suppression du Sénat, qualifié d’institution « budgétivore ». La BNCFP estime que les ressources consacrées à son fonctionnement pourraient être affectées à la défense, à l’éducation et au social.

Le parti propose aussi de supprimer les assemblées provinciales, jugées inefficaces dans l’accompagnement du développement local et devenues, selon son analyse, des espaces de clientélisme et de blocage institutionnel. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de revoir le fonctionnement de l’administration provinciale.

Une vice-présidence à la place de la primature

La réforme la plus structurante concerne l’exécutif national. La BNCFP veut supprimer le poste de Premier ministre et créer une vice-présidence de la République. Nommé par le Chef de l’État, le vice-président serait chargé du pilotage des politiques économiques, sociales et de développement.

Cette organisation viserait à mettre fin au « bicéphalisme conflictuel » au sommet de l’État. Le Président conserverait les missions régaliennes, notamment la défense, la sécurité et la diplomatie, tandis que le vice-président piloterait les secteurs liés au développement.

La formation souhaite parallèlement supprimer les gouvernements provinciaux et renforcer l’administration territoriale. Les provinces seraient administrées par de hauts fonctionnaires de l’État, choisis sur la base de la compétence, de la loyauté et du mérite. Elle défend ainsi une « territoriale de non-originaires et de compétence », privilégiant l’aptitude à administrer une province plutôt que l’appartenance locale.

Un dialogue ouvert aux forces vives

La BNCFP appelle à une participation dépassant les seuls responsables politiques. Elle souhaite associer les communautés de base, la jeunesse et les femmes aux discussions sur les questions politiques, judiciaires, sécuritaires, économiques et territoriales.

La sécurité occupe une place particulière dans son plaidoyer. Le parti estime que les groupes armés ne devraient participer au dialogue qu’après avoir déposé les armes et renoncé définitivement à la violence. Il demande aussi une réforme stratégique des forces armées, comprenant la fin du brassage et du mixage, une loi de programmation militaire et le développement d’une industrie militaire nationale.

Au-delà des institutions, la formation propose la sécurisation des terres communautaires, la transparence dans la gestion des redevances minières, la limitation du nombre de partis politiques et l’encadrement légal des confessions religieuses.

À travers ces propositions, la BNCFP entend donner au dialogue une portée dépassant les compromis politiques immédiats.

Pour cette formation, la concertation doit déboucher sur une transformation durable du fonctionnement de l’État et constituer « un acte fondateur » d’une nouvelle étape institutionnelle en République démocratique du Congo.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus