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15 avril, 2026 - 04:55:00
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Corridor Abidjan-Lagos : la CEDEAO et la BAD accélèrent la mise en place de l’autorité de gestion

Nouvelle étape dans l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest. Réunis à Abidjan les 19 et 20 février 2026, la CEDEAO et le Groupe de la Banque africaine de développement ont engagé l’intégration opérationnelle du Conseil d’administration de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos, chargé de piloter la future autoroute supranationale reliant cinq pays et plus de 500 millions d’habitants. Au cœur des discussions : le cadre juridique du traité, l’organisation institutionnelle, la mobilisation des financements et la vision d’un espace économique intégré sans entraves aux échanges. Long de 1 028 kilomètres, ce corridor stratégique est présenté comme un levier majeur d’industrialisation et de facilitation commerciale d’ici à 2030. Les partenaires ont insisté sur l’urgence de transformer ce chantier en réalité tangible pour les populations et les entreprises de la sous-région, dans un contexte où les infrastructures demeurent un frein structurel à l’intégration régionale.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont tenu, les 19 et 20 février 2026 à Abidjan, une session d’orientation consacrée à l’intégration des dix membres du Conseil d’administration de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA). Installé officiellement en décembre 2025 lors de la 22ᵉ réunion du Comité de pilotage ministériel du projet, cet organe entame désormais sa phase opérationnelle.

La rencontre a permis de présenter aux administrateurs le Traité relatif au corridor, sa vision supranationale et les objectifs fixés par les chefs d’État des cinq pays concernés — Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria — ainsi que les principales conclusions des études techniques de l’autoroute.

Une approche intégrée du développement régional

Au-delà de l’infrastructure routière, les travaux ont porté sur les dimensions économiques, commerciales et logistiques du projet, incluant les initiatives de développement spatial, les chaînes de valeur et les pôles économiques appelés à émerger le long du tracé. Les membres du Conseil ont également examiné les services de communication et de visibilité destinés à accompagner le projet.

La délégation de la CEDEAO, conduite par le directeur des transports Chris Appiah, a insisté sur la portée stratégique du corridor. Il a appelé les parties prenantes « à ne ménager aucun effort pour que ce projet devienne une réalité dans un proche avenir », estimant qu’« une autoroute sans frontière va propulser le développement de toute la région ».

Cadre juridique et gouvernance en discussion

Sur le plan institutionnel, les administrateurs ont entamé l’examen du règlement intérieur, de la charte de l’Autorité et du processus de recrutement du directeur général et du personnel technique. Ces étapes sont jugées déterminantes pour assurer la crédibilité et l’efficacité de la future structure de gestion.

Mike Salawou, directeur du département des Infrastructures et du Développement urbain à la BAD, a salué l’installation du Conseil d’administration, y voyant « une étape importante » dans la concrétisation du projet. Il a réaffirmé l’engagement de la Banque, aux côtés de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), à mobiliser les financements nécessaires. « Nos concitoyens nous attendent pour circuler sur ce corridor, pour mener leurs activités socio-économiques et faciliter les échanges commerciaux », a-t-il déclaré.

Une ambition économique majeure pour 2030

À l’issue de la session, les délégations ont visité le quatrième pont d’Abidjan, présenté comme un exemple de projet structurant financé avec l’appui de la BAD. L’ouvrage, qui a contribué à désengorger la métropole ivoirienne, illustre l’impact attendu d’infrastructures de grande envergure sur la mobilité et l’activité économique.

Longue de 1 028 kilomètres, l’autoroute Abidjan-Lagos doit relier l’un des espaces les plus dynamiques du continent et devenir, d’ici à 2030, un moteur industriel et commercial pour l’Afrique de l’Ouest. La Banque africaine de développement a déjà apporté une assistance technique et un financement de 25 millions de dollars pour la phase préparatoire, désormais presque achevée.

Présenté comme un projet structurant pour l’intégration régionale, le corridor Abidjan-Lagos ambitionne de réduire les coûts de transport, de fluidifier les échanges et de stimuler la croissance dans une zone où les infrastructures restent un défi majeur au développement.

Infos27

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