À l’approche de la saison des pluies, le gouvernement congolais prépare une réponse structurée contre les érosions et les inondations qui menacent plusieurs villes du pays. Sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les autorités ont arrêté une stratégie articulée sur trois horizons, de l’urgence à dix ans, avec l’objectif de protéger les populations, les infrastructures et la mobilité.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé une réunion stratégique consacrée aux mesures à prendre contre les risques d’érosion et d’inondation, en présence notamment des vice-Premiers ministres de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que des ministres des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, et des Finances, Doudou Fwamba.
Cette réunion a fait suite aux orientations données par la cheffe du gouvernement lors du Conseil des ministres du 28 août 2026. Les échanges ont porté sur les dispositions urgentes à prendre à Kinshasa et dans les autres provinces exposées, notamment à l’approche de la rentrée scolaire et du retour des fortes précipitations.
Le gouvernement veut désormais dépasser les interventions ponctuelles et privilégier une approche coordonnée à l’échelle nationale. Plusieurs villes et territoires sont confrontés à la multiplication des têtes d’érosion, avec des conséquences sur les habitations, les routes et les équipements publics.
Trois phases jusqu’à dix ans
Au terme de la réunion, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a présenté une stratégie organisée en trois phases. La première, de zéro à un an, va concerner les travaux d’extrême urgence déjà identifiés sur les sites présentant les risques les plus importants.
La deuxième, de un à cinq ans, va porter sur les études techniques ainsi que sur l’élaboration ou l’actualisation des plans directeurs de plusieurs grandes villes. La troisième, jusqu’à dix ans, va privilégier des solutions structurelles, notamment une meilleure planification urbaine et une occupation plus rationnelle des espaces.
« Nous avons un schéma très clair maintenant et nous allons le mettre en œuvre », a assuré John Banza. Il a également souligné la complexité des travaux anti-érosifs, qui nécessitent une continuité dans l’exécution pour éviter que les ouvrages réalisés ne soient fragilisés ou détruits.
Des interventions adaptées aux réalités locales
Le gouvernement entend adapter les interventions aux ressources disponibles et aux caractéristiques techniques de chaque site. Selon John Banza, la lutte contre les érosions exige une mobilisation importante de moyens et une planification rigoureuse.
« La question de la lutte anti-érosive est complexe. Effectivement, le Gouvernement a mobilisé des montants, des moyens importants », a-t-il indiqué.
Le ministre a cité Kikwit ainsi que d’autres villes et cités parmi les zones nécessitant une attention particulière. Cette situation confirme que le phénomène dépasse largement la seule capitale.
À Kinshasa, le collecteur de Bolikango
Dans la capitale, cette stratégie accompagne des travaux déjà engagés. Sur instruction de Judith Suminwa, une délégation de la Primature conduite par Gérard Ntumba, directeur de cabinet adjoint, a inspecté le chantier d’un collecteur destiné à canaliser les eaux provenant de la zone d’érosion Bolikango, dans la commune de Ngaliema, vers la baie de Ngaliema avant leur déversement dans le fleuve Congo.
Long de 6 kilomètres, l’ouvrage est entièrement financé par le gouvernement central et exécuté par l’Entreprise Aaron Sefu, pour une durée contractuelle de quatre ans.
Pour l’exécutif, l’enjeu est à la fois humain, économique et urbain : protéger les populations, préserver les infrastructures, maintenir la mobilité et réduire durablement les effets des catastrophes liées aux eaux de ruissellement et à l’érosion.
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