Un an après l’entrée en fonction du Gouvernement Suminwa II, le ministère du Commerce extérieur met en avant une série de réformes destinées à soutenir la production congolaise, mieux encadrer le commerce intérieur et renforcer la présence de la RDC sur les marchés internationaux. Présentant son bilan lors de l’exercice de redevabilité, Julien Paluku a notamment cité les mesures de sauvegarde contre certaines importations, la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC, la réservation du petit commerce aux Congolais et la mise en œuvre du régime commercial simplifié. Le ministre a également insisté sur la diplomatie commerciale, avec l’AGOA, les accords avec les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni, ainsi que sur l’intégration à la ZLECAf. En toile de fond, le Gouvernement entend faire du commerce un instrument de production, d’emplois, de compétitivité et de diversification des exportations. L’enjeu demeure l’exécution effective des engagements pris.
Le bilan présenté par Julien Paluku lors de l’exercice de redevabilité de la première année du Gouvernement Suminwa II met en avant une série de réformes destinées à soutenir la production nationale, encadrer le commerce intérieur, faciliter les échanges et ouvrir de nouveaux débouchés.
La protection de la production congolaise constitue l’un des principaux axes de l’action du ministère. Julien Paluku a indiqué que près de 17 produits fabriqués en RDC bénéficient de mesures de sauvegarde conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces mécanismes permettent de limiter certaines importations lorsque la capacité de production nationale est suffisante.
Le dispositif concerne notamment le ciment, les carreaux et faïences, les câbles électriques ainsi que le charbon utilisé dans le secteur minier. Sa mise en œuvre mobilise les douanes, l’Office congolais de contrôle (OCC), les forces de sécurité et les autres administrations concernées.
Réformer le commerce intérieur
Parmi les réalisations majeures figure la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC. Après son adoption par le Gouvernement, son vote au Parlement et sa promulgation par le Chef de l’État, les instruments de ratification ont été déposés à Genève.
Sur le marché intérieur, Julien Paluku a rappelé l’entrée en vigueur, fin mars 2026, du décret signé par la Première ministre réservant le petit commerce aux Congolais. Les activités nécessitant d’importants investissements, notamment les supermarchés, hypermarchés, l’hôtellerie et la vente de véhicules neufs, restent ouvertes aux investisseurs étrangers.
Le 30 septembre a été fixé comme échéance pour l’application stricte de cette réforme. À Kinshasa, des opérations d’identification ont déjà été conduites dans les 24 communes avec l’appui de la Police nationale congolaise.
Ouvrir de nouveaux marchés
La diplomatie commerciale constitue un autre axe fort du bilan. Le ministre a cité la réadmission de la RDC à l’AGOA, dispositif américain accordant un accès préférentiel au marché des États-Unis à certains produits des pays bénéficiaires. Selon les chiffres communiqués par Julien Paluku, les exportations congolaises vers les États-Unis seraient passées de 280 millions de dollars en 2020 à 1,2 milliard de dollars en 2026.
Il a également évoqué l’accord de partenariat économique global conclu avec les Émirats arabes unis, présenté comme ouvrant le marché émirati à près de 6 000 produits congolais. Un accord commercial conclu avec le Royaume-Uni après le Brexit offre, selon les éléments présentés, un accès préférentiel aux produits congolais sans droits de douane.
Julien Paluku encourage notamment les investissements dans le cacao, le soja et le piment, à fort potentiel d’exportation.
RECOS et ZLECAf : faciliter les échanges africains
Le Régime commercial simplifié (RECOS) vise à faciliter les activités des petits commerçants transfrontaliers. Un arrêté interministériel signé avec le ministère des Finances prévoit l’exonération des droits de douane pour les marchandises dont la valeur ne dépasse pas 500 dollars. Le mécanisme est opérationnel avec le Burundi et l’Ouganda, et son extension à la Zambie est en cours.
À Kasumbalesa, le Gouvernement annonce également la suppression progressive de pratiques frauduleuses connues sous les appellations « Bilanga » et « Bambaro », qui, selon le ministre, entraînaient des pertes de recettes publiques.
Sur le plan continental, la RDC poursuit la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont Julien Paluku assure la coordination gouvernementale. Le calendrier présenté prévoit une réduction annuelle de 10 % des droits de douane, jusqu’à la suppression totale des barrières tarifaires à l’horizon 2035.
OCC : renforcer le contrôle des produits
Le bilan comporte enfin un volet consacré à la protection du consommateur. De nouveaux laboratoires de l’OCC ont été construits et inaugurés à Kalemie, Lubumbashi, Matadi et Kinshasa pour renforcer le contrôle des produits.
Dans les prochaines semaines, un système national de QR Code doit permettre au consommateur de vérifier avec son téléphone si un produit a été contrôlé et certifié. Le dispositif concernera notamment les médicaments et facilitera l’identification et le signalement des produits non conformes.
Infos27

