À la suite du déraillement de la locomotive survenu mercredi 2 septembre 2026 aux alentours de 18h20’ dans la commune de Masina (quartier Pelende), le trafic du train urbain de Kinshasa a été suspendu. Les rames n’ont pas pu circuler jeudi pour relier l’aéroport international de N’djili à la gare centrale de Kinshasa, condamnant ainsi un bon nombre de Kinois au calvaire de la route avec des embouteillages. Sous l’œil du DG de l’ONATRA Martin Lukusa, les équipes techniques étaient à l’œuvre de grand matin jeudi pour rétablir le trafic. Effectivement, le trafic a été rétabli en fin d’après-midi. Mais en lieu et place d’un soutien pour la remise rapide en état de la voie ferroviaire afin de faciliter le déplacement de milliers de Kinois, celui-ci a essuyé des diatribes et fait l’objet des dénonciations systématiques et calomnieuses sur les réseaux sociaux. Pourtant, l’incident de Masina n’est pas lié à la qualité de la locomotive, mais plutôt à l’état de la voie ferrée affecté, notamment, par l’ensablement.
Il y a eu plus de peur que de mal mercredi 02 septembre avec le déraillement du train urbain de Kinshasa survenu à 18h20’ dans la commune de Masina, à hauteur du quartier Pelende. Fort heureusement, aucun blessé parmi de milliers de passagers à bord, ni dégât majeur n’a été signalé. La locomotive a simplement quitté les rails sur une distance d’environ un mètre.
Dès jeudi matin, l’ONATRA, qui entend jouer sa partition pour contribuer tant soit peu à l’épineux problème de transport à Kinshasa, a déployé ses équipes techniques pour remettre la locomotive sur les rails. Et le trafic a été rétabli en fin d’après-midi.
Afin d’apaiser les Kinois, principalement les utilisateurs de cette voie ferrée relancée après 15 ans d’arrêt de trafic, la Direction générale de l’ONATRA a rendu public un communiqué indiquant les causes de cet incident déplorable. Celui-ci serait dû particulièrement à la dégradation des conditions normales d’exploitation de la voie ferroviaire du fait de son ensablement provenant des activités humaines, non sans compter son utilisation comme dépotoir par les riverains.
En effet, selon le N°1 de l’ONATRA, qui a signé le communiqué, le tronçon, où a eu lieu cet accident, est situé dans une zone fortement urbanisée et régulièrement empruntée par des véhicules, entre autres, des remorques transportant du ciment et du sable. Les motos roulent même le long du chemin de fer. Conséquence : le passage de ces engins contribue au drainage et à l’accumulation de sable sur la voie ferrée. Au sable s’ajoute le dépôt d’ordures ménagères par certains riverains.
Ce tableau sus décrit compromet, à n’en point douter, les conditions normales d’exploitation et de sécurité de l’infrastructure ferroviaire. L’ONATRA en appelle ainsi aux populations riveraines à faire davantage preuve de civisme et à préserver les emprises ferroviaires, dont l’entretien et la sécurisation conditionnent la régularité et la sécurité du service ferroviaire urbain.
Le communiqué du DG Martin Lukusa n’a pas apaisé tous les esprits. Loin s’en faut. En lieu et place d’un soutien pour la remise rapide en état de la voie ferroviaire afin de faciliter le déplacement de milliers de Kinois et voir comment recadrer son projet de réhabilitation qui en est lié, celui-ci a, par contre, essuyé des diatribes et fait l’objet des dénonciations systématiques et calomnieuses sur les réseaux sociaux. C’est comme si d’aucuns, s’inscrivant en faux contre les initiatives de l’ONATRA sous sa direction, sont à la quête du moindre incident pour précipiter son départ. L’incident n’est pas lié à la qualité de la locomotive, qualifiée d’un autre âge, mais plutôt de l’état de la voie affecté quasiment par les activités humaines. Même dans les pays développés dotés des locomotives de la dernière génération, il y a toujours des désagréments. Très récemment, l’on a vu en pleine journée à Bruxelles un tramway s’arrêter subitement et être poussé par certains passagers. La vidéo a fait le buzz des réseaux sociaux. Ce n’est pas pour autant que les responsables de la société ont été voués aux gémonies. Ici donc, tout semble orchestrer pour déstabiliser quelqu’un malgré les efforts qui sont déployés et qui embrassent d’autres plans, notamment, le plan fluvial.
Toutefois, interrogé sur cet incident, un ancien expert de chemin de fer, ancien cadre de l’ONATRA présentement à la retraite, a confirmé les raisons avancées par le DG Martin Lukusa pour expliquer ce déraillement. Cependant, il conseille que des travaux doivent être entrepris pour drainer les eaux de part et d’autre de la voie ferrée, surtout avec la saison des pluies qui arrive. En plus, celle-ci doit être sécurisée comme ailleurs en construisant, moyennant certains passages à niveau, un enclos pour protéger l’emprise de la voie et y empêcher les activités humaines. Cela demande beaucoup d’argent, dit-il, mais c’est le prix à payer pour se mettre à l’abri des désagréments à l’avenir. L’Etat doit être sensibilisé pour prendre à bras-le-corps cette problématique. Il ne pas donc attendre une catastrophe.
Moïse Musangana

