Le dialogue politique s’invite par la voie religieuse. Poursuivant sa tournée auprès des états-majors, le Conseil interreligieux congolais (CIC) a rencontré, le 12 février à Kinshasa, l’opposant Delly Sesanga. Au cœur des échanges : un projet de « mécanismes de Justice, Vérité et Réconciliation » présenté comme préalable à tout dialogue inclusif. Si le principe d’une commission dédiée fait consensus, les modalités et la méthode suscitent un débat technique. Le CIC entend compiler ces consultations dans un rapport visant une décrispation durable du climat politique en RDC.
Le 12 février 2026, l’archevêque Dodo Israël Kamba, président du Conseil interreligieux congolais (CIC), a conduit une délégation de chefs religieux au cabinet de l’opposant Delly Sesanga, leader du parti Envol.
Cette rencontre constitue une étape dans la mission de bons offices engagée par le CIC en faveur d’une stabilité durable en République démocratique du Congo.
Justice transitionnelle avant dialogue inclusif
Au centre des discussions figurait la présentation du projet intitulé : « Plaidoyer en faveur des mécanismes de Justice, Vérité et Réconciliation, préalables à un dialogue inclusif ».
Pour le CIC, il s’agit de poser les bases d’un cadre de justice transitionnelle susceptible de « baliser le chemin » avant toute discussion politique majeure.
À l’issue de l’audience, l’archevêque Dodo Kamba a salué la qualité des échanges : « Nous avons trouvé en lui une connaissance parfaite sur la justice transitionnelle et nous avons évoqué quelques sujets constructifs. »
Une convergence de principe, des nuances méthodologiques
Si le principe d’une Commission Vérité et Réconciliation semble partagé, Delly Sesanga a formulé des réserves méthodologiques.
« Il partage le même avis que nous, mais à sa manière », a indiqué le président du CIC, précisant que l’opposant a soulevé des « préoccupations importantes à prendre en compte pour être équilibrés ».
Ces contributions, décrites comme techniques et enrichissantes, ont été accueillies favorablement par la délégation religieuse.
« On est satisfaits de rencontrer des Congolais qui aiment leur pays et, comme le président Delly Sesanga, nous louons Dieu pour ça », a ajouté Dodo Kamba.
Une dynamique de décrispation
Cette rencontre s’inscrit dans une série de consultations engagées depuis le début de la semaine. Le CIC avait déjà échangé avec le secrétaire permanent de l’Union sacrée ainsi qu’avec l’opposant Jean-Marc Kabund.
L’objectif affiché est la rédaction d’un rapport exhaustif destiné à favoriser une décrispation politique fondée sur une vision commune de la justice et de la vérité nationale.
Dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre majorité et opposition, l’initiative du Conseil interreligieux congolais cherche à réintroduire la question de la justice transitionnelle comme socle d’un dialogue inclusif. Reste à savoir si cette médiation religieuse pourra susciter une adhésion plus large au sein de la classe politique.
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