La scène veut dire plus qu’une remise de documents administratifs. Au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, à Kinshasa, le Président Félix-Antoine Tshisekedi, entouré de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et de plusieurs membres du Gouvernement, a présidé la cérémonie de formalisation des entreprises portées par de jeunes Congolais. À travers cette opération, le pouvoir entend donner une traduction concrète à l’un des axes de la vision présidentielle : faire de la jeunesse non seulement une relève, mais un acteur immédiat de la transformation économique.
L’opération est portée par le Fonds spécial pour la promotion, l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ), avec l’accompagnement du ministère de la Jeunesse. Près de 1.127 entreprises de jeunes, issues de quatre provinces, ont désormais été formalisées, selon le directeur général du Fonds, Joseph Mbuyi Mukendi.
La deuxième phase concerne 780 entreprises : 537 à Kinshasa, 129 dans le Haut-Katanga et 114 au Kasaï oriental. Elle prolonge une première cohorte qui avait permis de formaliser 321 entreprises dans la capitale et 26 au Kongo Central.
Derrière ces chiffres se trouve une réalité longtemps familière aux jeunes entrepreneurs : celle d’une activité économique qui existe sans toujours disposer d’une reconnaissance administrative permettant d’accéder pleinement au financement, aux marchés ou aux dispositifs publics. La formalisation rassemble désormais une série de pièces essentielles, du registre de commerce à l’identification nationale, en passant par les documents de l’ONEM, de l’INPP, de la CNSS, le numéro d’impôt et la lettre du ministère de l’Environnement.
Pour Jeef Makobi Kwete, représentant des bénéficiaires, cette étape change la nature même de leur rapport à l’économie formelle. « Recevoir les documents officiels de son entreprise, ce n’est pas recevoir de simples papiers, c’est recevoir une identité juridique, une reconnaissance et surtout une porte ouverte vers de nouvelles opportunités », a-t-il déclaré.
Formaliser, puis accompagner
C’est précisément là que se situe le principal enjeu. Pour le chef de l’État, la formalisation ne peut pas constituer une fin en soi. Elle doit ouvrir un parcours économique durable.
« L’État ne peut à lui seul absorber toute la demande d’emploi, mais il ne peut pas davantage abandonner la jeunesse à elle-même », a insisté Félix-Antoine Tshisekedi, appelant à créer un environnement permettant à chaque jeune de valoriser ses compétences et de construire son avenir.
Le Président a ainsi demandé au Gouvernement, sous la coordination de Judith Suminwa, de renforcer substantiellement le FSPEEJ. Il a notamment préconisé de sécuriser les moyens d’action du Fonds, d’adapter ses instrumen

