La marche de la coalition C64 à Kinshasa s’est déroulée mardi dans un climat globalement maîtrisé, malgré quelques tensions localisées à Limete. La Police nationale congolaise (PNC) affirme n’avoir enregistré aucun incident majeur, tandis que la rentrée parlementaire s’est tenue comme prévu et que la capitale a continué à fonctionner normalement.
La Police nationale congolaise (PNC) a dressé mardi un bilan globalement positif du dispositif mis en place pour encadrer la marche de la coalition de l’opposition C64 à Kinshasa, organisée le même jour que la rentrée parlementaire. Une mission de l’Inspection générale de la PNC a effectué des descentes dans plusieurs communes afin d’évaluer le fonctionnement du dispositif sécuritaire.
« Cette descente sur terrain avait également pour objectif de contrôler et d’évaluer les dispositifs opérationnels mis en place par le Commissariat général, à travers le Commissariat provincial de la Police ville de Kinshasa », a expliqué le commissaire supérieur Jean-Claude Tshibuyanga, chargé d’investigation à l’Inspection générale de la PNC.
Au terme de cette évaluation, le responsable policier a indiqué qu’« aucun incident majeur n’a été enregistré au cours de cette manifestation ».
Les équipes d’inspection ont notamment été déployées à Gombe, Kintambo, Bandalungwa, Kasa-Vubu, Limete et Lingwala. Leur mission consistait à vérifier la présence des éléments de la PNC aux endroits stratégiques, leur comportement ainsi que l’application des consignes opérationnelles.
Des tensions limitées à certains points
Si l’ensemble de la manifestation a été présenté comme maîtrisé par la PNC, quelques tensions ont néanmoins été signalées dans la commune de Limete, notamment entre les 10e et 13e rues. Des altercations et des provocations à l’endroit des forces de l’ordre ont conduit les policiers à faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser les éléments perturbateurs et rétablir le calme.
Dans les différents points de rassemblement, notamment du côté de la place de l’Échangeur de Limete et du rond-point Moulaert à Bandalungwa, la mobilisation est apparue relativement limitée. Les participants devaient converger vers le boulevard Triomphal, tandis que plusieurs responsables de l’opposition présents dans la partie est de la capitale ont été escortés par les forces de l’ordre.
La présence de la police s’est ainsi voulue à la fois dissuasive et préventive, avec un dispositif visible sur les principaux axes empruntés par les manifestants. Sur le boulevard Lumumba, notamment, des groupes de manifestants ont circulé sous encadrement policier, alors que la circulation demeurait active sur les autres bandes de la chaussée.
Une capitale restée fonctionnelle
Au-delà des points de rassemblement, Kinshasa a connu une journée relativement ordinaire. Les commerces, les écoles, les administrations et les autres activités urbaines ont globalement fonctionné. La rentrée parlementaire s’est également tenue aux heures annoncées dans les deux Chambres, au Palais du peuple, dont l’enceinte et les abords avaient été particulièrement sécurisés.
Cette situation contraste avec les craintes exprimées avant la manifestation, dans un contexte politique marqué par la rentrée parlementaire et l’appel à la mobilisation lancé par le C64.
La mission de l’Inspection générale intervient précisément dans ce cadre. Elle visait à apprécier la capacité des unités engagées à maintenir l’ordre tout en assurant l’encadrement de la manifestation.
Au terme de son opération, l’Inspection générale a salué le fonctionnement du dispositif et le comportement des policiers mobilisés. Elle a félicité le Commissariat général de la PNC pour l’encadrement assuré sur le terrain, tout en rappelant l’importance du professionnalisme et du respect des règles dans les opérations de maintien de l’ordre.
La PNC entend inscrire ces opérations dans une démarche régulière de contrôle et d’évaluation de ses unités. L’objectif affiché est notamment d’améliorer la qualité des prestations, de renforcer la discipline et de lutter contre les comportements susceptibles de ternir l’image de l’institution.
Sur les réseaux sociaux, la journée a par ailleurs donné lieu à des lectures très différentes de l’ampleur de la mobilisation. Certaines publications ont notamment utilisé des images issues de précédentes campagnes électorales, selon des vérifications rapportées dans le débat en ligne. Ces usages illustrent la bataille de communication qui accompagne désormais les manifestations politiques, au-delà de leur déroulement sur le terrain.
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