Le lancement, sur le site de Lufulu, de la phase opérationnelle des études de faisabilité du Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu a marqué un tournant dans un projet préparé depuis plusieurs années. Avec l’appui du PNDA, de la Banque mondiale et la participation de l’ONUDI, ses paramètres techniques, économiques, environnementaux, sociaux et fonciers vont désormais être soumis à une évaluation approfondie. Après les années de préparation, de structuration institutionnelle et de travaux préliminaires, le projet change de nature. Il ne s’agit plus seulement d’en définir les contours, mais d’en vérifier la faisabilité, d’en mesurer les contraintes et d’en préciser les conditions de réalisation.
Porté dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’État congolais et Mole Groupe, le Parc représente un investissement projeté de près d’un milliard de dollars. L’ambition est de créer une plateforme intégrée réunissant production agricole, transformation industrielle, stockage, logistique et infrastructures, avec pour objectif de renforcer la création de valeur localement.
Passer des hypothèses aux données vérifiables
La nouvelle phase ne relève donc pas d’une simple formalité administrative. Les études doivent transformer les hypothèses accumulées au fil de la préparation du projet en données techniques et économiques consolidées, suffisamment robustes pour éclairer les prochaines décisions publiques et privées.
Elles devront porter notamment sur la configuration générale du Parc, le dimensionnement des infrastructures, les besoins industriels et logistiques, le calendrier de déploiement, les coûts de réalisation et les principales hypothèses du modèle économique.
Pour les banques, les institutions de financement du développement, les partenaires industriels et les investisseurs privés, cette documentation constitue une étape déterminante. Elle doit permettre de mieux apprécier les risques, d’alimenter les procédures de due diligence et de préparer, le moment venu, la structuration financière du projet.
Les sols, première matière à mieux connaître
Les études ne partent pas de zéro. Des travaux et des données sur les sols ont déjà été produits. La campagne engagée doit cependant les compléter et les approfondir afin de mieux caractériser les différentes zones agricoles, leurs aptitudes culturales et leurs éventuelles contraintes.
Ces informations permettront d’affiner le choix des productions, le découpage des espaces agricoles et les paramètres techniques nécessaires au développement du Parc.
Cette connaissance du terrain est d’autant plus importante que le projet entend articuler agriculture et industrie. La production devra être pensée en fonction des capacités des sols, mais aussi des infrastructures de transformation, de stockage et d’acheminement qui seront progressivement définies.
L’enjeu environnemental et foncier
Une autre partie essentielle du travail concerne les impacts environnementaux et sociaux. Les études devront identifier les effets potentiels du futur développement, déterminer les mesures de prévention et d’atténuation et prévoir les mécanismes de suivi nécessaires.
Le volet foncier sera lui aussi examiné avec précision. Il s’agira d’identifier les occupations, les usages, les droits existants et les personnes susceptibles d’être affectées dans les zones concernées.
Lorsque cela sera nécessaire, les études permettront de préparer les dispositifs appropriés de compensation, d’indemnisation, d’assistance ou de réinstallation, conformément au cadre juridique applicable et aux standards retenus pour le projet.
À l’issue de ces travaux et des procédures requises, l’État disposera ainsi d’une base technique et sociale plus complète pour poursuivre la sécurisation foncière et organiser la mise à disposition des emprises nécessaires, dans le respect du cadre juridique du partenariat public-privé.
Le PNDA, la Banque mondiale et l’ONUDI mobilisés
Le lancement de cette phase bénéficie de l’appui du Programme national de développement agricole (PNDA), avec le soutien de la Banque mondiale, ainsi que de la participation de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).
Cette mobilisation donne au processus une dimension technique et institutionnelle supplémentaire. Elle ne signifie toutefois pas que ces institutions financent, à elles seules, l’investissement global projeté pour le Parc. Leur implication accompagne avant tout une phase de documentation, d’évaluation et de consolidation du projet.
Pour les futurs partenaires financiers, industriels et investisseurs, l’enjeu est désormais de disposer d’un dossier suffisamment précis pour apprécier les conditions concrètes de sa mise en œuvre.
Vers la structuration financière
Pour Mole Groupe, le lancement des études ouvre parallèlement une nouvelle séquence : celle de la préparation de la structuration financière et de la mobilisation progressive des capitaux nécessaires à la réalisation du Parc.
À mesure que les résultats seront disponibles, les investisseurs pourront disposer d’une vision plus précise des besoins en financement, des risques, du calendrier, des infrastructures à construire, des paramètres fonciers ainsi que des conditions environnementales et sociales.
Le site de Lufulu devient ainsi le point de départ d’une phase où le projet devra désormais se confronter aux réalités techniques, économiques et territoriales. L’objectif est de faire évoluer progressivement le Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu vers un projet documenté, bancable et capable d’attirer des partenaires publics, des institutions de développement, des industriels et des capitaux privés.
« La vision avance », souligne Gandi Mole
Pour Gandi Mole, le lancement des études constitue l’aboutissement d’une longue période de préparation et le début d’une étape nouvelle.
« Après plusieurs années de travail, de démarches, de rencontres, de difficultés et de persévérance, voir aujourd’hui les équipes mobilisées sur le terrain marque le début d’une nouvelle étape », souligne-t-il.
Le promoteur a adressé ses remerciements au Gouvernement de la République démocratique du Congo, au ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, aux autorités du Kongo Central, au PNDA et à son partenaire, la Banque mondiale, ainsi qu’à l’ONUDI pour leur mobilisation dans cette phase du projet. Il a associé également à ces remerciements les autorités locales, les communautés, les équipes techniques et l’ensemble des personnes qui accompagnent cette vision depuis plusieurs années.
L’ambition affichée reste de faire du Parc un outil capable de contribuer à l’approvisionnement alimentaire du pays, à la transformation locale des productions et à la création d’emplois, tout en faisant de Mbanza-Ngungu une référence agro-industrielle en République démocratique du Congo et en Afrique.
Gandi Mole se garde toutefois de présenter le lancement comme un aboutissement. « Ce lancement ne signifie pas que tout est acquis », a-t-il rappelé, estimant qu’il a ouvert au contraire « une phase exigeante de travail, d’analyse et de validation ».
Une manière de rappeler que le passage sur le terrain ne vaut pas encore réalisation. Mais il marque un changement de séquence : après les intentions et les années de préparation, le projet entre désormais dans le temps des études, des vérifications et des choix qui doivent déterminer sa capacité à devenir une réalité économique.
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