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Kinshasa
24 septembre, 2026 - 21:04:30
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Edito | La paix exige des actes

Il faut désormais appeler les choses par leur nom : l’Est de la République démocratique du Congo ne souffre pas d’un déficit de résolutions. Il souffre d’un déficit d’action. Depuis plus de trois décennies, les mêmes populations encaissent les guerres, les déplacements, les massacres et les violences sexuelles, tandis que la communauté internationale empile les textes et les engagements. Cette mécanique doit cesser.

Le discours de la Première ministre Judith Suminwa devant l’Assemblée générale des Nations unies a posé une vérité dérangeante. La RDC ne demande pas un nouveau catalogue de bonnes intentions. Elle demande l’exécution des décisions déjà adoptées. La résolution 2773 du Conseil de sécurité est claire. Les engagements de Washington, de Doha et de l’Union africaine existent. Mais entre les déclarations solennelles et la réalité du terrain, le fossé demeure béant.

À quoi sert une résolution si ceux qui la violent ne redoutent aucune conséquence ? À quoi sert un cessez-le-feu si les civils continuent de fuir ? À quoi sert une diplomatie qui exige de la patience à ceux qui enterrent leurs morts ? La question devient celle de la crédibilité du multilatéralisme lui-même. Lorsque l’intégrité territoriale d’un État est proclamée comme un principe universel, elle ne peut devenir négociable selon les intérêts du moment. Le droit international ne peut être ferme dans les communiqués et hésitant dans son application.

La RDC, elle, affirme assumer sa part. Elle poursuit les réformes de ses forces de défense et de sécurité. Elle engage le désarmement des FDLR. Elle ouvre un dialogue national. Elle veut restaurer l’autorité de l’État. Elle ne demande donc pas que les autres fassent ce qu’elle refuse de faire elle-même.

Mais cette responsabilité ne doit surtout pas servir de prétexte à l’attentisme extérieur. La paix ne peut être sous-traitée aux Congolais pendant que les garants internationaux observent.

Il faut maintenant des actes, des vérifications et des conséquences. Car une paix différée devient une injustice prolongée.

Pour les Congolais, le temps des promesses est révolu. Le temps de l’exécution doit commencer.

Pitshou Mulumba

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