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2 octobre, 2026 - 21:54:46
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Edito | Trump face à Kagame

Donald Trump affirme avoir « mis fin à la guerre » entre la RDC et le Rwanda. Pourtant, dans l’Est congolais, la paix reste à construire. Répondant à Hariana Veras, journaliste et correspondante permanente pour l’Afrique auprès de la Maison-Blanche a été interpellé sur la persistance des violences. Sa réponse est claire : « Nous allons l’arrêter s’il y a une violation. » Puis : « Je vais m’assurer que ça marche. »

Ces mots placent Washington devant une obligation de résultat. Trump revendique le succès de l’accord de Washington. Chaque retard dans son application fragilise donc sa crédibilité. Il lui devient difficile de proclamer la fin d’une guerre tout en laissant perdurer les conditions qui l’alimentent.

La RDC a choisi le cadre diplomatique et signé l’accord. Kinshasa a également porté la crise de l’Est au cœur de l’agenda international. Le dossier ne relève donc plus du seul face-à-face entre Kinshasa et Kigali. Il engage désormais Washington et les partenaires associés au processus.

Le point de tension reste le retrait des forces rwandaises. Massad Boulos l’a rappelé : l’accord doit être appliqué et Kigali doit respecter ses engagements. Le débat doit maintenant quitter les déclarations pour entrer dans celui des actes.

Kigali invoque la menace des FDLR. Kinshasa refuse que cet argument justifie le maintien de forces étrangères sur son territoire. Judith Suminwa l’a affirmé devant l’ONU : « La question des FDLR ne saurait donc plus servir de prétexte au maintien d’une présence militaire étrangère sur notre territoire. »

C’est ici que le calcul de Paul Kagame devient risqué. Chaque retard expose davantage Washington. Plus le Rwanda différera ses engagements, plus les États-Unis devront démontrer que leur parrainage de l’accord ne relève pas seulement du discours.

Washington dispose de leviers : sanctions, pression diplomatique et mécanismes de suivi. Leur mobilisation deviendra d’autant plus probable si Kigali persiste à ralentir le processus.

L’enjeu dépasse le retrait militaire. Il touche à la crédibilité d’un accord parrainé par Washington et à la parole d’un président qui affirme avoir mis fin à la guerre.

La RDC est fondée à attendre des résultats. Plus le Rwanda retardera l’exécution de ses engagements, plus il exposera Washington à agir pour préserver sa propre crédibilité.

Le temps pourrait ainsi devenir le compte à rebours de l’application de l’accord de Washington.

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