Des condamnations, la RDC en a entendu assez. Ce qui manque désormais, ce sont des actes. Dans l’Est du pays, la répétition des offensives, malgré les résolutions internationales, révèle une faiblesse préoccupante : le droit international condamne, mais peine encore à contraindre.
Kinshasa a choisi la voie diplomatique. Le pays participe aux processus de Washington, de Doha et de l’Union africaine. Il soutient le dialogue. Il multiplie les démarches auprès de ses partenaires. Il engage aussi des réformes internes en matière de gouvernance, d’inclusion et de développement. Ces efforts méritent d’être soutenus, et non relativisés par une lecture qui placerait systématiquement les responsabilités sur les seules victimes de l’agression.
Le véritable test est ailleurs. Il concerne la crédibilité des institutions internationales. Une résolution du Conseil de sécurité ne peut rester un texte de plus. Lorsqu’elle exige le respect de la souveraineté congolaise et appelle au retrait des forces étrangères, elle doit être suivie de mécanismes capables d’en assurer l’application.
Il faut donc des mesures plus robustes. Des sanctions ciblées. Une pression diplomatique réelle. Des mécanismes de contrôle. Des conséquences politiques et économiques pour ceux qui alimentent la guerre. Sans cela, la diplomatie risque de devenir une simple mise en scène.
La fermeté n’est pas l’ennemie du dialogue. Elle en est la condition. On ne négocie pas durablement lorsque la violence permet encore de modifier le rapport de force. La paix ne peut être crédible si les engagements restent facultatifs.
La RDC doit, elle aussi, poursuivre ses efforts. Renforcer ses institutions. Améliorer la protection des civils. Documenter les violations. Consolider son front diplomatique. La responsabilité nationale demeure entière.
Mais l’exigence internationale est tout aussi claire. Laisser perdurer une situation condamnée par les mêmes institutions qui prétendent garantir la paix revient à affaiblir leur propre autorité.
L’heure n’est donc plus aux déclarations supplémentaires. Elle est à l’exécution des décisions. Si le droit international veut conserver sa force, il doit démontrer qu’il peut protéger ceux qui le respectent. Dans l’Est de la RDC, cette démonstration ne peut plus attendre.
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