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Kinshasa
9 octobre, 2026 - 22:30:47
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RDC-Russie : les anciens étudiants veulent devenir les nouveaux relais du rapprochement

Le rapprochement entre Kinshasa et Moscou ne se joue pas seulement dans les chancelleries. À Kinshasa, d’anciens étudiants congolais formés en Russie et en ex-Union soviétique veulent désormais transformer leur expérience en levier d’influence, d’échanges et de coopération entre les deux pays.

Ils ont étudié à Moscou, Saint-Pétersbourg ou dans d’autres villes de l’ex-Union soviétique. Certains travaillent aujourd’hui dans l’administration publique, l’enseignement, le secteur social ou les affaires. Réunis jeudi 8 octobre à l’ambassade de Russie à Kinshasa, ces anciens étudiants congolais ont affiché leur volonté de donner une dimension plus concrète à leur héritage universitaire.

La deuxième réunion de leur association a notamment permis de présenter un comité provisoire, appelé à structurer leurs initiatives et à porter leurs ambitions auprès des institutions congolaises et russes.

Recevant les participants, l’ambassadeur de Russie en RDC, Karl Tikhaze, a salué une mobilisation qu’il juge de plus en plus importante. Il a présenté les anciens diplômés comme des « ambassadeurs de la culture et de l’éducation russes » en RDC, soulignant leur capacité à contribuer au rapprochement entre les deux sociétés.

Le diplomate a également évoqué le prochain sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou. L’événement devrait placer au cœur des discussions plusieurs secteurs considérés comme stratégiques : politique, sécurité, économie, sciences, technologies, culture et action humanitaire.

Transformer les parcours individuels en réseau

Pour les anciens étudiants, l’enjeu est désormais de dépasser la nostalgie des années passées dans les universités russes. Leur ambition est de faire de cette expérience un capital collectif susceptible de servir les intérêts congolais.

Le coordonnateur de l’association, Tychique N’Luki Mputu, défend cette approche. Il s’agit, selon lui, de transformer les parcours individuels en une dynamique organisée, capable d’accompagner les relations entre Kinshasa et Moscou.

Le comité provisoire sera dirigé par Gilbert Lwamba, avec Ben Gaddi à la vice-présidence et Makuele Beni comme coordonnateur adjoint. Bruno Kavuka occupera le poste de secrétaire général. D’autres membres auront la responsabilité des relations extérieures, de l’entrepreneuriat, de la culture, de la communication, du protocole et des questions politiques.

Au-delà de cette organisation interne, l’association veut promouvoir les échanges universitaires et scientifiques, faciliter l’accès des jeunes Congolais aux possibilités de formation en Russie et encourager les initiatives entrepreneuriales.

Une Maison culturelle russe comme point d’ancrage

L’un des projets les plus ambitieux évoqués lors de la rencontre est la création d’une Maison culturelle russe en RDC. L’objectif serait d’en faire un lieu consacré à la langue, à la littérature et aux arts russes, mais également un espace d’information et d’orientation pour les Congolais intéressés par les études en Russie.

Pour ses promoteurs, cette initiative permettrait surtout de donner une existence permanente à ces échanges, au-delà des rendez-vous diplomatiques.

Les anciens étudiants revendiquent ainsi un rôle de « ponts » entre les deux peuples. Une manière de rappeler que les relations entre deux Etats ne se construisent pas uniquement par les accords signés au sommet, mais aussi par les réseaux humains, universitaires et culturels qui leur survivent.

Christian Kamba