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Conclave au Vatican : l’Église cherche son cap après François

Réunis au Vatican après les funérailles du pape François, les cardinaux catholiques ont fixé, lundi 28 avril, la date du début du conclave : il s’ouvrira le 7 mai. Deux jours supplémentaires sont ainsi accordés aux discussions informelles, destinées à favoriser l’émergence d’un consensus avant l’entrée en séquestration dans la chapelle Sixtine.

Après une journée marquée par un va-et-vient constant de cardinaux sous les colonnades de la place Saint-Pierre, le calendrier du conclave a été arrêté.

Initialement envisagé dès le 5 ou le 6 mai, le début du vote secret a été repoussé pour permettre aux prélats de mieux se connaître et d’échanger sur la succession du pape François, disparu quelques jours plus tôt.
« Il y a un espoir d’unité », a confié le cardinal argentin Ángel Sixto Rossi, 66 ans, nommé par François en 2023. Une unité qui reste toutefois à construire, tant la diversité des profils, la nouveauté des visages — la majorité des cardinaux électeurs ayant été créés par François — et les enjeux doctrinaux traversent aujourd’hui l’Église.

Entre fidélité à l’héritage de François et tentations conservatrices

Lors de ces premiers échanges informels, plusieurs cardinaux ont exprimé leur souhait de prolonger l’élan pastoral de François, tourné vers les périphéries, les marginalisés et la lutte contre la guerre. D’autres, plus conservateurs, militent pour un recentrage doctrinal, dans la lignée de Jean-Paul II et Benoît XVI, insistant sur la défense des « valeurs fondamentales » et affichant des réticences à poursuivre certaines réformes engagées en matière de justice sociale ou d’accueil des personnes LGBTQ+.

« Le rôle du pape est de nous maintenir ensemble », a rappelé le cardinal britannique Vincent Nichols, 79 ans, archevêque de Westminster, cherchant à minimiser les fractures internes. Le cardinal vénézuélien Baltazar Enrique Porras Cardozo s’est, quant à lui, montré confiant, prédisant une élection « entre deux et trois jours » après l’ouverture du conclave.

Un corps électoral renouvelé mais peu rodé

Le Collège électoral comptera 135 cardinaux théoriquement appelés à voter, parmi lesquels 108 ont été nommés par François. Cependant, certains pourraient manquer à l’appel pour des raisons de santé, comme un cardinal espagnol déjà excusé. À cela s’ajoute l’incertitude entourant la participation du cardinal italien Angelo Becciu, figure déchue du Vatican, condamné en 2023 pour détournement de fonds et fraude financière.

Bien que Becciu ait perdu ses privilèges de cardinal électeur en 2020, il affirme désormais son droit à voter, provoquant un débat juridique tendu au sein du Vatican. Lundi, la question est restée sans réponse officielle.

Au-delà des questions de procédure, un défi de taille demeure : nombre de ces cardinaux n’ont guère eu l’occasion de tisser des liens personnels, un élément pourtant crucial pour permettre un ralliement des deux tiers nécessaire à l’élection du futur souverain pontife. « Nous avons toute la semaine », a tempéré le cardinal Nichols.

Le spectre d’une élection imprévisible

Sur la place Saint-Pierre, l’effervescence médiatique laisse entrevoir l’ampleur de l’enjeu. À chaque apparition d’une soutane rouge, caméras et micros se pressent, dans l’espoir d’arracher une confidence ou un indice. Le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne et papabile présumé, s’est prêté au jeu avec humour, plaisantant sur la pression ambiante.

Si certains observateurs parient sur l’influence accrue des cardinaux africains — critiques vis-à-vis des réformes sociétales de François —, leurs représentants insistent sur leur indépendance. « Nous ne sommes pas ici pour un rassemblement politique », a affirmé le cardinal nigérian John Olorunfemi Onaiyekan, 81 ans, présent mais non-électeur.

Du côté de l’Asie, le cardinal indien Anthony Poola, archevêque d’Hyderabad, s’est voulu optimiste : « Quiconque sera choisi devra être le successeur de saint Pierre, et nous espérons tous qu’il sera un bon pape », a-t-il déclaré.

À la veille du conclave, entre fidélité à l’héritage de François et aspirations diverses, le Collège des cardinaux s’apprête à faire face à l’un des choix les plus déterminants pour l’avenir de l’Église catholique. Comme le résume, dans un sourire teinté d’appréhension, le cardinal Rossi : participer à un conclave, « c’est aussi avoir un peu peur ».

Avec AfricaNews

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