En choisissant la province du Kwilu pour abriter la prochaine Conférence des gouverneurs, le président Félix Tshisekedi envoie un signal fort en faveur d’un rééquilibrage territorial souvent réclamé. À Kolwezi, où s’est clôturée la 12ᵉ édition de ces assises, l’accent mis sur la santé comme levier de cohésion sociale confirme la volonté du pouvoir central de faire des provinces les moteurs du développement durable. Entre concertation républicaine et initiatives concrètes, l’État semble renouer avec une vision plus équitable de la gouvernance nationale.
La prochaine Conférence des gouverneurs se tiendra en décembre 2025 dans la province du Kwilu, dans l’ouest de la République démocratique du Congo. L’annonce a été faite par le président Félix Tshisekedi, vendredi 13 juin, lors de la clôture officielle de la douzième édition de ces assises provinciales, organisées cette année à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba.
Tenue sous le thème « La santé comme facteur de cohésion sociale et de développement durable des provinces », cette édition a réuni les gouverneurs et vice-gouverneurs des 26 provinces du pays, les présidents des Assemblées provinciales, des membres du gouvernement central, ainsi que des experts des institutions publiques. Ce forum de dialogue régulier entre les entités territoriales décentralisées et le pouvoir exécutif national s’inscrit dans un effort de coordination des politiques publiques et de renforcement de la décentralisation.
Outre les sessions plénières et les travaux en commissions, la Conférence a été ponctuée par l’inauguration de plusieurs infrastructures locales, principalement financées par le gouvernement provincial du Lualaba. Une mise en valeur qui, selon la Première ministre Judith Suminwa, « illustre l’importance d’une gouvernance provinciale proactive au service du développement local ».
Des recommandations sur la gouvernance et la santé
Les discussions ont débouché sur une série de recommandations visant à améliorer la gouvernance des provinces. Parmi les priorités identifiées figurent la mise en œuvre effective de la caisse nationale de péréquation, le renforcement du système de santé de proximité, et la consolidation de la stabilité institutionnelle dans les entités territoriales.
Alors que plusieurs provinces sont confrontées à des tensions politiques récurrentes, notamment liées aux relations entre exécutifs provinciaux et Assemblées provinciales, les participants ont insisté sur la nécessité d’un cadre légal mieux adapté et d’un accompagnement accru du pouvoir central.
Une initiative présidentielle contre le VIH pédiatrique
En marge des travaux, le président Tshisekedi a lancé l’Initiative présidentielle pour l’élimination du Sida chez les enfants à l’horizon 2030, un programme qui vise l’accès universel aux soins et services sociaux de base pour les enfants vivant avec le VIH. Ce projet s’inscrit dans la continuité des engagements pris par la RDC lors de la réunion de haut niveau de l’ONU sur le VIH/Sida en 2021.
Pour Kinshasa, cette initiative s’insère dans une approche globale de santé publique, au cœur des priorités présidentielles en matière de cohésion sociale et de développement humain.
En choisissant la province du Kwilu pour la prochaine édition, le chef de l’État semble vouloir mettre en lumière une région souvent reléguée au second plan dans les dynamiques nationales. Un choix symbolique, alors que la question de l’équité territoriale reste un enjeu central de la gouvernance congolaise.
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