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Kinshasa
2 juin, 2026 - 23:04:43
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Ville morte, vieille recette [Edito]

L’opposition congolaise a ressorti ce mercredi son vieux refrain : la « ville morte ». Une méthode héritée d’une autre époque. Un symbole de contestation qui, aujourd’hui, ressemble davantage à une démonstration d’impuissance qu’à une stratégie de conquête politique.

Car une question demeure : qui paie réellement le prix d’une ville morte ?

Certainement pas les leaders qui l’appellent. Le coût retombe sur les plus fragiles. Sur le vendeur du marché. Le taximan. Le motocycliste. Le petit commerçant. Tous ceux dont les revenus dépendent de chaque journée de travail.

À Kinshasa, une journée d’arrêt n’est pas un acte abstrait. C’est une journée sans recettes. Une journée sans clients. Souvent, une journée sans repas.

La ville morte repose sur une contradiction fondamentale. Elle prétend défendre le peuple tout en pénalisant d’abord le peuple. Elle prétend affaiblir le pouvoir mais frappe surtout l’économie populaire. Elle se présente comme une arme politique alors qu’elle agit souvent comme une sanction sociale.

L’expérience l’a démontré. Les institutions continuent de fonctionner. Le pouvoir reste en place. Les équilibres politiques changent peu. En revanche, les pertes économiques sont immédiates et les ménages en supportent seuls les conséquences.

Cette méthode pouvait se justifier lorsque les espaces d’expression étaient verrouillés. Ce n’est plus le cas. La RDC dispose d’institutions élues, d’un Parlement, de médias, de réseaux sociaux et de mécanismes démocratiques permettant le débat et la confrontation des idées.

La démocratie ne consiste pas à fermer les boutiques. Elle consiste à convaincre les citoyens.

C’est précisément là que le discours de l’opposition montre ses limites. Faute de proposer une alternative suffisamment mobilisatrice, elle revient à une recette dont l’efficacité politique diminue à mesure que son coût social augmente.

Or les préoccupations des Congolais sont connues : emploi, sécurité, pouvoir d’achat, éducation, santé, infrastructures. Face à ces défis, la paralysie n’est pas un projet. Le blocage n’est pas un programme. L’arrêt de l’activité n’est pas une vision.

La RDC a besoin d’une opposition forte, crédible et inventive. Elle a besoin d’un débat vigoureux. Mais elle a surtout besoin d’une économie qui tourne, de services qui fonctionnent et d’une population qui travaille.

Les Kinois l’ont compris. Leur priorité est de vivre dignement, non de s’immobiliser.

La ville morte appartient au passé. Kinshasa, elle, choisit de rester vivante.

Infos27

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