89.98 F
Kinshasa
17 avril, 2026 - 17:09:30
Image default
ÉconomieFlash InfosLa une

La BCC sous Wameso : un mandat centré sur la reconquête de la confiance monétaire

À la Banque centrale du Congo, l’heure est au passage de témoin et aux ambitions renouvelées. Lundi 4 août, André Wameso a pris ses fonctions, succédant à Mme Malangu Kabedi, première femme à avoir dirigé l’institution, dans une cérémonie où reconnaissance et défis se sont conjugués. L’héritage social de la gouverneure sortante, salué par son successeur, restera comme une marque de son mandat : améliorer les conditions du personnel et instaurer un climat de confiance. « Madame la gouverneure avait compris que la ressource la plus importante, ce sont les hommes et les femmes », a insisté M. Wameso, promettant de prolonger ces acquis par des initiatives nouvelles, allant de la formation aux crédits sociaux. Mais le temps est aussi à l’action, avec un défi central : restaurer la confiance dans le franc congolais pour que chaque citoyen soit fier d’utiliser sa monnaie nationale dans un pays où plus de 80 % des transactions s’effectuent en devises étrangères. « Les défis sont majeurs. Nous devons travailler sans relâche », a-t-il averti.

La Banque centrale du Congo (BCC) a un nouveau visage à sa tête. André Wameso, ancien directeur de cabinet adjoint du président Félix Tshisekedi, a officiellement pris ses fonctions lundi 4 août à la suite d’une cérémonie de remise et reprise avec Mme Malangu Kabedi Marie-France, première femme à avoir dirigé l’institution. Un passage de témoin marqué par des hommages appuyés et l’annonce de chantiers ambitieux.

« C’est avec beaucoup d’humilité que je prends la parole en ce jour, en exprimant ma profonde gratitude envers le président de la République pour la confiance placée en ma personne », a déclaré le nouveau gouverneur, devant cadres et agents réunis au siège de la BCC à Kinshasa. André Wameso a insisté sur l’un des défis majeurs de son mandat : restaurer la confiance dans la monnaie nationale. « On ne peut pas avoir une politique monétaire efficace dans un environnement où plus de 80 % des transactions se font en devise étrangère. Le plus grand défi est de faire aimer et adopter le franc congolais par les Congolais », a-t-il souligné.

L’héritage social de Mme Kabedi salué

L’homme fort de la BCC a tenu à rendre hommage à son prédécesseure, saluant « la politique sociale menée avec détermination ». « Madame la gouverneure avait compris que la ressource la plus importante d’un pays ou d’une entreprise, ce sont les hommes et les femmes. Je promets de continuer dans cette direction et d’aller plus loin, notamment en matière de formation et de crédits sociaux », a assuré André Wameso. Il a annoncé vouloir réintroduire des dispositifs tels que les crédits-logements et explorer de nouveaux mécanismes comme les prêts pour l’éducation des enfants du personnel.

De son côté, Mme Malangu Kabedi a exprimé sa « reconnaissance envers le chef de l’État pour cette mission historique » et formulé « le vœu que les résultats engrangés servent de tremplin pour renforcer davantage l’Institut d’émission ». Son mandat restera marqué par une stabilité monétaire relative et des réformes internes, notamment en matière de gouvernance et d’amélioration des conditions sociales des agents.

Cinq grands chantiers pour le nouveau gouverneur

De l’avis des experts, cinq priorités s’imposent au nouveau gouverneur, autant de chantiers structurels pour consolider le rôle de la Banque centrale dans l’économie nationale.

En tête, la recapitalisation de l’institution, indispensable pour garantir son indépendance et renforcer sa crédibilité. Vient ensuite la stabilité du franc congolais, enjeu crucial pour préserver le pouvoir d’achat, notamment celui des fonctionnaires, des militaires et des policiers rémunérés en monnaie locale : tout dérapage sur le marché de change aurait des conséquences immédiates sur leur quotidien.

Autre dossier sensible : la dédollarisation. André Wameso en a lui-même fait le constat : près de 80 % des transactions s’effectuent aujourd’hui en devises étrangères. Relancer un processus longtemps resté lettre morte sera essentiel pour redonner au franc congolais sa place centrale et rendre la politique monétaire pleinement efficace.

Quatrième axe : faire de la Banque centrale un véritable catalyseur de croissance. L’institution devra dépasser son rôle traditionnel de gardienne de la stabilité des prix pour devenir un acteur stratégique de l’émergence économique, notamment via des financements ciblés dans les secteurs productifs. Enfin, la digitalisation des paiements et l’inclusion financière figurent parmi les grands chantiers. La BCC est attendue sur ce front, avec la promotion des transactions électroniques et des innovations capables de réduire l’informalité.

En toile de fond, ces défis appellent des réformes tout aussi urgentes : modernisation de l’appareil institutionnel, renforcement de la supervision bancaire, développement du marché financier et extension des services bancaires aux 145 territoires du pays.

Pour André Wameso, la tâche est « exaltante et lourde de responsabilités ». Et de prévenir : « Tout ceci demande une contrepartie. Je demande donc à tous les agents d’être assidus à la tâche. Les défis sont majeurs. Nous devons travailler sans relâche ».

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus