Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a annoncé des sanctions contre des groupes armés et des entreprises liées au commerce illégal de minerais en RDC. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un accord minier en gestation entre Kinshasa et Washington, visant à favoriser des investissements responsables et à consolider la paix dans l’Est du pays.
Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a ciblé plusieurs entités impliquées dans le commerce illégal de minerais en République démocratique du Congo (RDC). Parmi elles figurent la Coalition des Patriotes Résistants Congolais–Force de Frappe (PARECO-FF), active dans la zone minière de Rubaya (Nord-Kivu), la Coopérative des Artisanaux Miniers du Congo (CDMC) ainsi que deux sociétés basées à Hong Kong, East Rise Corporation Limited et Star Dragon Corporation Limited.
Selon le communiqué du Département du Trésor, ces sanctions visent à protéger les civils congolais et à garantir l’accès des États-Unis et de leurs alliés aux minerais essentiels pour la défense nationale. « Le commerce des minerais du conflit fait des ravages parmi les civils congolais, alimente la corruption et empêche les entreprises respectueuses de la loi d’investir en RDC. Le département du Trésor n’hésitera pas à prendre des mesures contre les groupes qui bloquent cet accès », a déclaré John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme et du renseignement financier.
Ces mesures interviennent alors qu’un accord sur les minéraux critiques est en cours de négociation entre Kinshasa et Washington. L’initiative américaine s’inscrit dans une démarche plus large visant à stabiliser l’Est de la RDC et à soutenir l’intégration économique régionale, comme en témoigne l’accord de paix signé le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda. « Les États-Unis continuent de soutenir les efforts de la RDC et du Rwanda pour adopter un cadre d’intégration économique régionale qui élargit le commerce et l’investissement, améliore la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et ouvre la voie à des investissements responsables et légaux », souligne le communiqué.
L’Est de la RDC demeure frappé par l’instabilité et les violences liées au contrôle territorial du Mouvement du 23 mars (M23), désigné par les États-Unis et l’ONU comme groupe armé responsable de violations des droits humains. Dans ce contexte, les sanctions visent à empêcher les groupes armés d’exploiter illégalement des minerais essentiels à l’électronique moderne et à limiter la circulation de ces minerais sur les marchés internationaux.
Sur le plan national, certains acteurs politiques critiquent le deal minier en gestation, estimant que la RDC devrait privilégier une coopération gagnant-gagnant et renforcer ses capacités de défense avant de s’engager dans des accords internationaux.
Pour Washington, ces mesures s’inscrivent dans une nouvelle politique de partenariat avec l’Afrique, fondée sur l’égalité et le respect mutuel dans les domaines du commerce et de l’investissement. Les États-Unis affirment leur volonté de contribuer au rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC et d’encourager toutes les parties prenantes de la région des Grands Lacs à coopérer pacifiquement sur des projets favorisant l’intégration économique régionale.
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