À Kinshasa, les mots ont claqué comme un rappel à l’urgence. Le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a profité du Forum africain sur la justice transitionnelle pour briser le mur de l’indifférence et interpeller le continent. Dans une salle pleine de diplomates, de juristes et de responsables politiques, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « génocide » à l’Est du pays, exigeant que cesse l’impunité qui nourrit les massacres à répétition. Au-delà des discours de compassion, la République démocratique du Congo veut des actes : soutien aux victimes, mécanismes de réparation et reconnaissance de la mémoire des morts. Dans ce plaidoyer, la voix congolaise résonne comme celle d’un pays meurtri mais debout, décidé à transformer sa douleur en levier politique et à faire de Kinshasa le point de départ d’une justice continentale.
Alors que les violences se poursuivent dans l’Est de la République démocratique du Congo, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a lancé un appel vibrant à la solidarité africaine. À la tribune de la IXᵉ édition du Forum africain sur la justice transitionnelle, il a dénoncé « un génocide contre les populations civiles » et exhorté les pays du continent à « passer de la parole à l’action ».
« Nous sommes réunis ici pour une cause qui transcende les frontières, les divergences politiques, les langues et les générations. Il s’agit du devoir d’élever les victimes à la hauteur de nos engagements politiques », a-t-il déclaré sous les applaudissements.
Un forum pour sortir du silence
Organisé par l’Union africaine en partenariat avec le gouvernement congolais, ce forum – placé sous le thème « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations » – entend remettre les victimes au centre du débat. Vérité, justice, réparation et réformes institutionnelles en sont les piliers.
Le ministère des Droits humains, à travers le Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits (FONAREV), y défend la mise en place d’un système de réparation pérenne à l’échelle nationale. Une ambition qui vise à rompre avec l’injustice répétée et l’oubli.
Une parole présidentielle relayée
Représentant le chef de l’État, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a prononcé un message sans équivoque :
« La République démocratique du Congo ne demande ni compassion ni faveur. Elle exige que la mémoire de ses morts soit enfin reconnue. »
En s’affirmant comme le relais des victimes oubliées des guerres, Kinshasa espère impulser une dynamique africaine en faveur de la justice transitionnelle et des réparations. Dans un contexte où l’impunité reste la règle et où les conflits persistent, les autorités congolaises veulent transformer ce forum en levier politique et moral.
Au-delà des frontières congolaises, c’est bien l’Afrique entière que le ministre Mbemba appelle à se mobiliser. Pour lui, « il s’agit de dire enfin que les vies africaines comptent ».
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