Ils n’ont jamais cessé d’y croire. Cinquante-deux ans après sa dernière apparition sur la scène mondiale, la République démocratique du Congo a arraché, dimanche soir, une qualification historique pour les barrages intercontinentaux du Mondial 2026, en s’imposant face au Nigeria au terme d’une séance de tirs au but suffocante (1-1, 4-3 t.a.b.). Dans un stade marocain chauffé à blanc par une diaspora ardente, les Léopards ont tenu tête à une équipe nigériane pourtant favorite, avant que Chancel Mbemba, capitaine d’une génération décidée à réécrire le destin du football congolais, n’inscrive le tir au but de la délivrance. Cette qualification, acquise avec une discipline rare et une force mentale revendiquée depuis des mois, propulse la RDC dans un dernier sprint vers le rêve mondial : un tournoi intercontinental au Mexique en mars prochain. Un horizon inédit, où les Congolais croiseront la Bolivie, l’Irak, la Nouvelle-Calédonie ou les Émirats, ainsi que deux formations de la Concacaf. À Kinshasa comme dans les provinces, la nuit a basculé dans une liesse nationale.
La RD Congo s’est offert, dimanche soir, l’une des plus grandes soirées de son histoire sportive récente. En éliminant le Nigeria (1-1, 4-3 t.a.b.) lors de la finale africaine des barrages au Mondial 2026, les Léopards ont décroché leur billet pour le tournoi intercontinental qui se tiendra en mars prochain au Mexique. Cinquante-deux ans après la génération de 1974, le pays se retrouve de nouveau à un pas d’un retour en Coupe du monde.
La rencontre, disputée au Maroc, n’a pas tenu toutes ses promesses techniques, mais elle a exposé une tension permanente, alimentée par deux équipes ayant frôlé l’élimination au tour précédent. Le Nigeria sortait d’une prolongation maîtrisée contre le Gabon (4-1 a.p.) ; la RDC avait arraché sa qualification face au Cameroun grâce à un but inscrit à la 90e+3. Dimanche, rien n’a été simple non plus.
Les Super Eagles ont cru plier la partie par séquences, mais la discipline défensive congolaise et la vigilance du gardien Leonel Mpasi ont repoussé l’échéance. Lorsque le Nigeria a finalement pris l’avantage, la RDC n’a pas vacillé : elle a égalisé dans la foulée, avant d’enfermer le match dans une bataille tactique dense et sans véritable maître.
La décision est venue des tirs au but, un exercice où les deux gardiens, Stanley Nwabali et Timothy Fayulu, remplaçant de Mpasi juste avant la séance, ont brillé. La série, haletante, s’est dénouée sur une ultime frappe : celle de Chancel Mbemba, capitaine et symbole d’une équipe qui a appris à souffrir ensemble. « Il fallait le faire pour le pays », a-t-il lancé, le souffle court, comme pour mesurer l’ampleur de l’instant.
Une qualification qui ressoude un pays et replace la RDC dans la géopolitique sportive africaine
Au-delà de l’exploit sportif, cette victoire offre à la RDC un rare moment d’unité nationale. Dans un contexte sécuritaire fragile à l’Est et à l’heure où les institutions appellent à la cohésion, la performance des Léopards réactive un imaginaire collectif puissant : celui d’un pays qui peut se projeter, malgré les crises, vers un horizon mondial partagé.
Elle replace également la RDC dans le cercle restreint des nations africaines capables de rivaliser sur la scène internationale. Le tournoi intercontinental de mars prochain, où les Congolais croiseront la Bolivie, la Nouvelle-Calédonie, l’Irak ou les Émirats arabes unis ainsi que deux équipes de la Concacaf, apparaît désormais comme la dernière marche vers un rêve longtemps repoussé. Les Léopards y aborderont un défi inédit, mais galvanisés par une cohérence retrouvée et un capitaine devenu héros.
En attendant, joueurs et supporters savourent une victoire rare, acquise avec courage et maîtrise. Le Congo, à nouveau, rêve en grand.
Pitshou Mulumba

