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13 mai, 2026 - 19:12:46
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RDC–UNHCR : la Première ministre exige une action humanitaire plus visible sur le terrain

Face à l’ampleur de la crise humanitaire qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a demandé au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) de renforcer son action directe auprès des populations. Reçue à Kinshasa, mardi 18 novembre, la délégation conduite par le directeur régional, Abdouraouf Gnon-Kondé, a présenté un état des lieux actualisé : plus de 510 000 réfugiés vivent aujourd’hui en RDC, tandis que 1,2 million de Congolais ont trouvé asile dans les pays voisins. Si UNHCR dit vouloir intensifier ses efforts, notamment à travers les commissions tripartites et les programmes de retour, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’interventions « plus visibles », ancrées dans les réalités du terrain. Dans un contexte marqué par les violences persistantes, le gouvernement congolais entend faire de l’impact humanitaire une priorité politique.

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a reçu mardi 18 novembre, à Kinshasa, une délégation du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), menée par le directeur du bureau régional, Abdouraouf Gnon-Kondé. La discussion, franche et technique, a porté sur les urgences humanitaires, les défis persistants dans l’Est du pays et la situation des populations réfugiées et déplacées internes.

À l’issue de l’entretien, le responsable régional a insisté sur la nécessité de maintenir un échange direct avec les autorités congolaises : « Il est essentiel de rencontrer la Première ministre, de faire le point sur ce qui se fait et d’examiner ensemble les défis existants afin de trouver des solutions pour progresser », a-t-il déclaré.

Selon lui, UNHCR entend intensifier ses efforts pour favoriser le retour des populations déplacées, notamment grâce aux commissions tripartites, réunissant pays d’origine, pays d’asile et agences onusiennes. « Ce sont des sujets techniques », a-t-il rappelé, soulignant la complexité des démarches, entre logistique, sécurité et cadre légal.

La délégation a dressé un état des lieux sans ambiguïté : 510 000 réfugiés sont actuellement installés en RDC, principalement originaires du Rwanda ; 1,2 million de réfugiés congolais vivent dans les États voisins, dont environ 83 000 au Rwanda et plus de 600 000 en Ouganda. Une pression humanitaire considérable, dans un contexte de violence armée récurrente.

Une injonction politique : faire mieux et plus vite

Face à ces chiffres, la Première ministre a exhorté UNHCR à accroître la visibilité et l’efficacité de son action sur le terrain. Elle a appelé à un engagement renforcé en faveur du retour, de la réintégration et de l’accompagnement socioéconomique des populations affectées.

« Elle a fait preuve de pédagogie pour nous sensibiliser à la sensibilité du contexte national et à la nécessité de redoubler d’efforts afin d’avoir un impact maximal », a reconnu Abdouraouf Gnon-Kondé.

Le directeur régional a toutefois souligné que UNHCR n’agit pas en vase clos : « UNHCR facilite le retour des populations, mais soutient également leur réintégration dans le tissu social et économique, en veillant au respect des textes de loi. Ces actions s’inscrivent en soutien aux efforts des États. »

Pour le gouvernement congolais, cette rencontre s’inscrit dans une stratégie plus large : faire de la question humanitaire un enjeu politique majeur, dans un pays où les déplacements forcés se comptent en millions et où les mécanismes internationaux restent sous tension.

Rappelons que la mission d’UNHCR est de protéger les personnes contraintes de fuir les conflits et les persécutions. La RDC, au cœur de crises régionales, demeure l’un des terrains les plus exigeants de son mandat en Afrique.

Infos27

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