À peine annoncée, déjà démentie. Le prétendu retrait des combattants de l’AFC/M23 et des Forces de défense rwandaises d’Uvira et de ses environs ne résiste pas à l’épreuve du terrain, selon les Forces armées de la République démocratique du Congo. Dans une communication publiée le 20 décembre, l’armée congolaise dénonce une opération de communication destinée à tromper l’opinion nationale et internationale, au moment même où la pression diplomatique s’accentue sur Kigali. Présence persistante d’hommes armés, maintien de barrières illégales, exactions contre les civils, combats signalés au sud de la ville : les faits documentés par les FARDC contredisent frontalement l’effet d’annonce relayé sur les réseaux sociaux. Kinshasa appelle les médiateurs américains et qataris ainsi que la communauté internationale à la vigilance, estimant que cette mise en scène vise à contourner les engagements pris dans le cadre des accords de Washington et de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Sur le terrain, la population d’Uvira reste, elle, exposée à une insécurité persistante.
Les Forces armées de la République démocratique du Congo ont fermement contesté, samedi 20 décembre, l’annonce d’un retrait des combattants de l’AFC/M23 et des Forces de défense rwandaises de la ville d’Uvira et de ses environs, dans la province du Sud-Kivu. Selon l’état-major congolais, il s’agit d’« un simple coup médiatique » ne correspondant en rien à la réalité observée sur le terrain.
Dans leur communication, les FARDC indiquent avoir appris ce prétendu retrait « par voie de presse », avant d’en dénoncer la finalité politique. Pour Kinshasa, cette annonce viserait à « instrumentaliser la confiance des négociateurs américains et qataris » et à détourner l’attention internationale alors que la pression s’intensifie sur le Rwanda, accusé de soutenir activement la coalition AFC/M23.
Une présence armée toujours visible sur le terrain
Les éléments rassemblés par l’armée congolaise dressent un tableau sans ambiguïté. À Uvira-centre, des militaires rwandais seraient toujours visibles, certains en tenue de police rwandaise, d’autres en civil, notamment au port de Kalundu et à proximité de la frontière burundaise. Des barrières et postes de contrôle érigés par ces groupes armés demeurent opérationnels, entravant la libre circulation des personnes et des biens.
Autre indicateur jugé déterminant par les FARDC : l’absence totale de relève par les forces régulières congolaises. Aucune position n’a été formellement réoccupée par l’armée nationale ou les services de sécurité, ce qui, selon l’état-major, invalide l’hypothèse même d’un retrait effectif.
Les autorités militaires évoquent également des intimidations, des arrestations arbitraires, des actes d’extorsion et de torture commis contre la population locale, corroborés par des témoignages de la société civile et d’organisations de défense des droits humains. Des activités militaires nocturnes, incluant patrouilles armées et mouvements suspects, ont continué d’être signalées dans plusieurs quartiers.
Une manœuvre dénoncée, des combats toujours en cours
Selon les FARDC, la séquence filmée montrant une petite troupe quittant la ville relève de la mise en scène. Après avoir quitté Uvira, ces éléments se seraient redéployés dans les collines des moyens et hauts plateaux, tandis que d’autres groupes auraient pris la direction de Fizi, cherchant à établir des jonctions avec des factions armées locales.
Surtout, des combats ont été signalés « avant-hier, hier et aujourd’hui » entre l’armée congolaise et l’armée rwandaise à Kasekezi, localité située à environ 35 kilomètres au sud d’Uvira, sur l’axe menant à Baraka. Pour les FARDC, il est incohérent de parler de retrait tout en poursuivant des affrontements armés dans et au-delà du périmètre urbain.
Une déclaration attribuée à Willy Ngoma, porte-parole de l’AFC/M23, diffusée dans une vidéo virale : « jamais l’AFC/M23 ne laissera la ville d’Uvira », est citée par l’armée congolaise comme un aveu supplémentaire de l’absence de toute intention de désengagement.
Les FARDC estiment que ces annonces relèvent d’un mode opératoire déjà observé, fait de « subterfuges, manœuvres dilatoires et non-respect des engagements ». Elles appellent les médiateurs américains et qataris, ainsi que la communauté internationale, à ne pas accorder de crédit aux déclarations de Kigali et de ses supplétifs, accusés de violer les accords de Washington et la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
En conclusion, l’armée congolaise affirme mettre tout en œuvre pour restaurer l’autorité de l’État à Uvira et protéger les civils. Elle exhorte la population à la vigilance et à signaler tout mouvement suspect, dans une ville où l’annonce d’un retrait n’a, pour l’heure, pas mis fin à la peur ni aux armes.
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