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Kinshasa
3 juin, 2026 - 18:35:52
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À Rabat, la RDC mise sur le soft power et la jeunesse pour redéfinir sa trajectoire

La puissance d’un État ne se lit plus seulement dans ses sous-sols. Elle se mesure désormais à la qualité de ses cerveaux, à sa capacité d’influence et à la mobilisation de sa jeunesse. À Rabat, en marge du Léopard Business Village–Expo CAN Maroc, la République démocratique du Congo a choisi d’assumer ce virage. Le 26 décembre, une conférence internationale de haut niveau, organisée sous le haut patronage du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réuni diplomates, entrepreneurs, universitaires et membres de la diaspora autour d’un message clair : la jeunesse n’est plus une variable sociale, mais un actif stratégique. Portée par le think tank RDC STRATÉGIE, la rencontre a mis en débat le soft power, le capital humain et l’attractivité comme leviers de développement durable. À travers panels et keynotes, Kinshasa a esquissé une ambition : passer d’un pays perçu comme minier à une nation reconnue pour son intelligence collective, son innovation et son rayonnement culturel. Une ligne politique assumée, qui inscrit la RDC dans les grandes recompositions africaines à l’horizon 2060.

Dans les salons du Palais de Jawara, le discours tranche avec les narratifs habituels sur la République démocratique du Congo. Ici, il n’est pas d’abord question de minerais, mais de talents. Sous le leadership du ministre du Tourisme Didier Mazenga Mukanzu, et à l’initiative du think tank RDC STRATÉGIE, plus de 200 participants venus de la RDC, du Maroc, du Sénégal et de la Guinée ont pris part à une conférence internationale consacrée au soft power, au capital humain et au développement.

Le thème donne le ton : « Pourquoi la jeunesse est la première richesse stratégique d’un pays ». Un intitulé qui résume un changement de paradigme. La puissance ne se décrète plus uniquement par les ressources naturelles, mais par la formation, l’innovation, la diaspora et la capacité d’influence culturelle.

Du pays minier au pays des cerveaux

En ouvrant les travaux, Bodom Matungulu, président de RDC STRATÉGIE, a posé le cadre : le futur congolais se jouera moins dans les mines que dans les cerveaux. « Le futur de la RDC ne se jouera pas uniquement dans ses mines, mais dans la qualité de sa jeunesse et de sa capacité à influencer le monde », a-t-il rappelé, appelant à la construction d’une véritable politique nationale de valorisation de la jeunesse et de la diaspora.

Dans cette perspective, il a annoncé la tenue du Forum du Futur, prévu à Kinshasa du 18 au 22 mars 2026, autour de l’Agenda 2060, destiné à fédérer décideurs, talents et investisseurs.

Le premier panel, consacré au soft power comme politique publique, a mis en lumière le rôle stratégique de la diaspora congolaise. Joseph Sita, président de l’Union des étudiants et stagiaires congolais au Maroc, a plaidé pour une meilleure intégration des étudiants dans les stratégies nationales. Héritier Ataky a insisté sur la nécessité de structurer la diaspora comme acteur économique et diplomatique, tandis que l’entrepreneur Trésor Botembe a décrit les talents à l’étranger comme des ponts d’investissement et de transfert de compétences. Faouziya Tarik a, pour sa part, souligné le rôle central des femmes dans le rayonnement économique et culturel.

Le second panel a prolongé la réflexion : comment dépasser le modèle extractif ? Émile Ngoy Kasongo, ambassadeur de la RDC en France et à Monaco, a rappelé le rôle de la diplomatie dans la mobilisation du soft power. Paul Diakiese, directeur général adjoint de l’Office national du tourisme, a montré comment parcs nationaux, biodiversité et patrimoine culturel peuvent devenir des leviers d’attractivité et d’emplois pour la jeunesse. L’expert marocain Souleimane Hajjam a partagé l’expérience du Maroc en matière de développement humain, tandis que Abdelkarim Mazouzi a mis en avant le numérique et l’innovation comme moteurs de souveraineté économique.

Au terme des échanges, un message s’est imposé, martelé comme une ligne politique : la jeunesse n’est pas un coût, mais un investissement stratégique. À Rabat, la RDC a ainsi esquissé une ambition claire : bâtir, d’ici 2060, une puissance africaine fondée sur le capital humain, l’influence et l’intelligence collective. Une promesse qui, désormais, appelle des politiques publiques à la hauteur de l’enjeu.

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