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Kinshasa
2 juin, 2026 - 19:01:02
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À Davos, Louis Watum Kabamba défend la transformation locale des minerais congolais

Ne plus se contenter d’exporter des minerais bruts. À Davos, en marge du Forum économique mondial, la République démocratique du Congo a affiché une ambition claire : transformer sur place le cuivre, le cobalt et le fer qui alimentent la transition énergétique mondiale. Devant un parterre d’investisseurs, de groupes miniers et d’acteurs logistiques, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a défendu une ligne désormais assumée : capter davantage de valeur ajoutée, bâtir des chaînes industrielles locales et sécuriser des corridors d’exportation modernes. Dans un contexte de rivalités accrues autour des minerais stratégiques, Kinshasa cherche à passer du statut de simple réservoir de ressources à celui de partenaire incontournable des chaînes d’approvisionnement mondiales. Une mue économique autant qu’un pari politique.

La RDC ne veut plus être seulement un gisement. À la faveur du Forum économique mondial, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a réuni investisseurs, industriels et logisticiens autour d’une table ronde consacrée aux minéraux critiques et stratégiques. Objectif affiché : repositionner le pays au cœur des chaînes de valeur mondiales liées à la transition énergétique.

Le message est simple : extraire ne suffit plus. Il faut transformer

Autour du ministre, les principaux bras techniques de l’État minier : Cadastre minier (CAMI), CEEC, Service géologique national, sont venus présenter une architecture institutionnelle destinée à rassurer les partenaires. Kinshasa promet davantage de visibilité réglementaire, une meilleure traçabilité et des projets intégrés, de la mine au corridor logistique.

Les discussions ont porté sur la manière « d’augmenter la capture de valeur à la source », notamment pour le cuivre et le cobalt, dont la demande explose avec l’essor des batteries, des véhicules électriques et des technologies bas carbone.

La stratégie gouvernementale vise désormais la transformation locale : raffineries, unités de traitement, pôles industriels, infrastructures de transport.

Industrialiser pour peser

Devant les investisseurs, Louis Watum Kabamba a défendu une vision plus offensive. Selon lui, le pays investit simultanément dans la numérisation des procédures, l’internationalisation des corridors commerciaux et la création de nouveaux pôles industriels.

Il a notamment mis en avant le projet des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), présenté comme un chantier structurant. Le ministre l’a décrit comme l’un des programmes miniers « les plus transformateurs et intégrateurs jamais adoptés », évoquant des retombées économiques estimées à plusieurs centaines de milliards de dollars sur l’ensemble de son cycle de vie.

Au-delà des annonces, l’enjeu est clair : faire émerger une industrie locale capable de retenir sur le sol congolais une part plus importante des revenus aujourd’hui captés à l’étranger.

La logistique apparaît comme le maillon décisif

Le groupe DP World, partenaire de la rencontre, a insisté sur la nécessité de moderniser les chaînes d’approvisionnement. Son dirigeant pour l’Afrique subsaharienne a souligné que l’accroissement de la production minière suppose des infrastructures portuaires et des corridors fiables, citant notamment le port en eau profonde de Banana comme levier clé pour fluidifier les exportations.

Autour de la table figuraient également des représentants du Dubai Multi Commodities Centre, de Glencore et d’autres acteurs majeurs du secteur, signe de l’intérêt croissant des investisseurs pour les minerais congolais.

Pour Kinshasa, l’équation est délicate : attirer les capitaux étrangers sans retomber dans le modèle extractif classique.

À Davos, la RDC a tenté de faire passer un message politique autant qu’économique : le pays ne veut plus être seulement le fournisseur du monde, mais un maillon industriel à part entière.

Une ambition qui suppose, au-delà des promesses, stabilité réglementaire, gouvernance rigoureuse et exécution concrète. C’est sur ce terrain que se jouera la crédibilité de la nouvelle doctrine minière congolaise.

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